LES IRLANDAIS A REICHENAU
en ont exécuté ou fait écrire d'autres au scriptorium sangallois 1. C'est peut-être ce même Marcellus qui, en collaboration avec un autre Irlandais 2, a écrit un Psautier grec latin qui vient probablement de Saint-Gall et où est inséré un hymne qui célèbre « notre île dite la bienheureuse » ^. Un « Scottigena » du nom d'Eusèbe a vécu en anachorète sur le mont Victor près du Rhin et a prié l'empereur Charles le Gros de donner à Saint-Gall le monastère qui s'était formé autour de sa cellule *. A la fin du X® siècle encore, un Irlandais, Faelan, inscrivait, sur le manuscrit exécuté par lui, son nom et celui de trois moines irlandais, dont l'un Dubduin avait dessiné les jardins du monastère. La pièce de vers célèbre l'Hibernie nourricière de saints illustres ^.
Les Ustes de confraternité du monastère de Pfeffers ont été écrites au début du IX^ siècle sous des arcatures à la suite d'extraits des Évangiles, et ornées suivant le style irlandais ; le texte des Évangiles est d'ailleurs le texte irlandais ^.
Le monastère de Reichenau accueillait aussi des Scotti et possédait des livres irlandais. Parmi les moines qui formaient au début du IX® siècle la communauté de Reichenau figure un certain Flaithemel dont le nom est irlandais '. En provenance de Reichenau subsistent encore plusieurs manuscrits ou fragments de manuscrits exécutés par une main irlandaise ^ ; deux d'entre eux renferment des gloses en langue irlandaise ^. Un manuscrit du IX^ siècle en minuscule irlandaise provenant de Reichenau est le cahier de notes à l'usage d'un moine irlandais et renferme le poème irlandais du chat ^°. Les Évangiles exécutés à la fin du IX®