RELIURES CONSERVÉES DU IX^ SIÈCLE
quels ils ont été exécutés, soit à l'état de pièces détachées. Le Psautier de Charles le Chauve conserve son vêtement original, confectionné comme le manuscrit lui-même entre 842 et 869, formé de plats d'ivoire sculpté enchâssés dans une monture d'argent doré semé de pierreries ^ Au Sacramentaire de Drogon restent attachées les deux plaques d'ivoire divisées chacune en neuf compartiments où ont été sculptées, au IXe siècle, diverses scènes religieuses 2. L'Évangéhaire de saint Lébuin, exécuté au IX^ siècle dans le Nord de la France, garde sa reliure, probablement contemporaine, ornée de quatre plaques d'ivoire et de pierres précieuses qu'encadre une monture d'orfèvrerie ^. Du codex aureus des Evangiles de Lorsch subsistent les deux tables d'ivoire qui en formaient dès le IX^ siècle la couverture *. On conserve un certain nombre d'autres plaques d'ivoire du IX^ siècle qui ont servi vraisemblablement à relier des manuscrits contemporains '".
Au Xe siècle ou aux dernières années du IX^ appartiennent les précieuses reliures des Évangiles de saint Gozlin de Toul ^ de l'Évangéliaire dit de Charlemagne provenant du trésor de Saint-Maurice d'Agaune \ des Évangiles de Metz ^,
1. B. N. lat. 1152 ; cf. Cahier et Martin, Mélanges d'archéoL, I, 27 et PI. X et XI,; Em. Molinier, Hist. des arts appliqués à l'industrie, t. I, Les ivoires, p. 123 ; t. IV, L'orfèvrerie, p. 87.
2. B. N. lat. 9428 ; cf. Delisle, Cab. des mss, III, 263. Les plats de reliure sont ornés chacun d'un cadre d'argent dans lequel sont disposés neuf petits carrés d'ivoire sculpté. La reliure a été restaurée au XYIIP siècle {toc. cit.). Voir aussi Delisle, Ane. Sacram., 102 ; Labarte, Hist. arts ind., I, 221 ; Pfister, L'arch. Drogon, dans Mélanges P. Fabre, 142.
3. Musée archiépisc. d'Utrecht, i ; cf. Byvanck, Les princ. mss à peintures des Pays Bas, p. iio.
4. La plaque d'ivoire de devant se trouve à Londres au Musée Victoria et Albert la plaque arrière au Musée chrétien du Vatican, tandis qu'une moitié du ms (Mathieu et Marc) est conservée au Bathynaeum de Karlsburg, l'autre moitié (Luc et Jean) à la B. Vaticane, Pal. 50. Restauration fut faite de la reliure sans doute sous l'abbé Salmann 972-98* (très libres ex ebore et argento mirifice vetustari fecit), probablement à Reichenau. Cf. Marg. Longhurst and Ch. Morey, The covers of the Lorsch Gospels, dans Spéculum, 1928, p. 64-73, 1929, p. 4" et suiv. et PI. II.
5. Cf. Goldschmidt, Die Elfenbeinskulpt. ; Em. Molinier, Les ivoires ; Kôhler, Die Denkm. Karol. Kunst in Belgien, 3 et 4.
6. Trésor cathèdr. Nancy ; cf. Digot, Notice sur l'Évangél., le calice et la patène de s. Gozlin, Bull, monum., XII, 1846, p. 513 ; Auguin, Monogr. de la cathédr. de Nancy, PI. ; Em. Molinier, t. IV, L'orfèvrerie, p. 106. Le plat supérieur, plaques d'or et d'argent avec bordures d'or frisées, est seul du X^ siècle ; le plat inférieur est une œuvre plus grossière du XI« siècle.
7. Trésor de la cathédr. de Sion. Cf. Ed. Aubert, Le trésor de S. Maurice d'Agaune ; Em. Molinier, t. IV, p. 105. Au centre, Christ de majesté en or repoussé.
8. B. N. lat. 9383 ; cf. Em', Molinier, t. IV, p. 104-5 ; et t. I, p. 138. Une plaque d'ivoire conservée au musée de Metz provient aussi de la couvertiu-e d'un Évangéliaire (Molinier, I, p. 136).