SCRIBES ET MANUSCRITS ANGLO-SAXONS
anglo-saxonne ont nécessairement été introduites sur le continent par des manuscrits insulaires. C'est le cas des œuvres de Bède, d'Aldhelme. La grande diffusion qu'ont obtenue les écrits de Bède, donne à penser que les premiers manuscrits qui les ont fait connaître sur le continent, ont été très recherchés et sont devenus l'archétype de copies que des mains insulaires ou continentales ont multipHées. Au reste, en dehors même des productions des écrivains anglosaxons, le continent a reçu un très large approvisionnement tant de livres de doctrine, « ces fruits paradisiaques », qu'Alcuin faisait cueillir en sa patrie, que d'auteurs profanes dont les bibliothèques d'Angleterre étaient largement aussi pourvues.
Tous les livres exécutés en écriture anglo-saxonne ne proviennent pas de Grande-Bretagne. A côté des manuscrits importés du pays d'outre-mer figurent dans les bibliothèques des Gaules ceux qui ont été exécutés sur place par des scribes anglo-saxons, dont le plus réputé est Alcuin lui-même. Les maîtres anglo-saxons ont formé des élèves dans les scriptoria francs. Ces disciples ont pu parfois exécuter des manuscrits en imitant les modèles d'écriture de leurs maîtres ; peut-être certp.ins manuscrits réputés anglo-saxons sont-ils leur ouvrage. Mais à coup sûr, les scribes des ateliers continentaux ont souvent mis à contribution l'enseignement et les manuscrits des insulaires ; ces emprunts apparaissent à la fois dans les formes de l'écriture, le système des abréviations et l'imitation du style ornemental propre à l'art anglo-saxon dans les manuscrits enluminés par des artistes francs.
Les livres anglo-saxons conservés permettent de suivre à la trace les missionnaires et pèlerins venus de Grande- Bretagne dans les églises et dans les monastères ^ qu'ils ont visités ou même créés. La région des embouchures du Rhin, évangélisée au VIII^ siècle par eux, a gardé des livres qu'ils avaient apportés ou fait exécuter. Echternach a possédé im manuscrit des Évangiles en semi onciale du VII P siècle qui subsiste et paraît avoir été apporté d'Angleterre par
I. En dehors des mss dont on connaît l'ancien propriétaire ecclésiastique, un certcùn nombre ont subsisté dont la provenance est ignorée. Tels un ms. des Prophètes exécuté au IX^ siècle en écriture anglo-saxonne par un certain VergiUus, qui a dû être apporté de Grande Bretagne (B. N. lat. 9382, cf. S. Berger. H. Vulg., 51), un ms.des Évangiles du IX<'-X<' siècle d'écriture irlandaise, dont les gardes sont chargées de notes anglo-saxonnes (B. Berne, ms. 671 ; cf. Hagen, Catal., p. 499 ; Berger, 56-7), un ms. anglo-saxon des Évangiles (B. Genève 6, Berger 57).