‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 4)Chapitre 910 sur 1203 · DISPERSION DES LIVRES DE SAINT-RIQUIER, FIN IX^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

DISPERSION DES LIVRES DE SAINT-RIQUIER, FIN IX^ SIÈCLE

est). Si on comptait les livres, ajoute-t-il, le chiffre de cinq cents serait dépassé ^.

On peut conjecturer que la bibliothèque si bien fournie déjà en 831 s'est enrichie encore au cours du IX^ siècle. Vers 865, le moine de Saint-Riquier, Micon, prie un écolâtre, sans doute celui de Corbie^.de lui envoyer les œuvres de Fortunat, dont la bibliothèque de Saint-Riquier ne possédait en 831 que la moitié ^. Il demandait aussi l'envoi d'un Claudianus Mamertus, afin de corriger l'exemplaire défectueux, dont il disposait à Saint-Riquier. Comme ce livre ne figure pas parmi ceux qui furent inventoriés en 831, il avait été acquis postérieurement à cette date. L'activité du scriptorium de Saint-Riquier au temps de Micon a sûrement procuré un accroissement important des ressources de la « librairie » du monastère, notamment en œuvres qui concernaient l'histoire de l'établissement *.

Lorsqu'en 880, les moines s'enfuirent à Sens pour échapper aux Normands ^, ils emportèrent, au rapport d'Hariulf, avec les reliques et les pièces du trésor, les livres qui traitaient de l'histoire du monastère et vraisemblablement aussi leurs manuscrits les plus précieux. Tout ce qu'ils laissèrent fut pillé et brûlé ^. Les livres que les moines avaient emportés avec eux, furent dispersés, au cours de leurs pérégrinations ^.

Un certain nombre de ces livres reprirent leur place à la bibliothèque de Saint-Riquier, quand le monastère eut été restauré dans la seconde moitié du X® siècle ^. Parmi eux figurait le plus précieux de tous, le « textus » des Évangiles d'Angilbert ; car il est parvenu jusqu'à nous. Le « De christiana religione » de saint Augustin, catalogué en 831, subsiste également et peut être une portion des poèmes de Fortunat ^.

1. III, 3, p. 94. En additionnant les données fournies par le texte, on ne retrouve pas les chiffres de 256 volumes et de plus de 500 ouvrages ou livres que comptait Hariulf. L'énumération des livres de saint Jérôme au nombre de 22 se termine par « omnia haec in uno \olumine ». Il est très invraisemblable que tous les ouvTagcs énumérés de saint Jérôme aient tenu en un seul volume, alors que les livres de saint Augustin sont répartis en sept volumes. Le texte original indiquait sans doute, comme pour la série de saint Augustin, la distribution en volumes qu'un copiste aura omise, ne laissant subsister que la dernière mention « omnia haec in uno lumine » qui se rapportait sans doute seulement à un certain nombre des livres énumérés en finale.

2. Poeiae lut., III, 363. Cf. F. Lot, éd. du Chron. Centul., p. 93, n. i.

3. Dans l'énumération des livres (p. 93) figure « medietas Fortunati ».

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