‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1024 sur 1164 · SEIGNEURS ABBÉS · texte numérisé non relu

SEIGNEURS ABBÉS

biens de l'abbaye 1. Ainsi en usent les comtes de Poitiers, Guillaume Tête d'étoupe et Fiérabras, abbés de Saint- Hilaire 2 ; les comtes d'Auvergne, Guillaume le Pieux et Guillaume le Jeune, abbés de Saint -Julien ; les comtes d'Anjou, Foulques le Bon, abbé de Saint-Aubin et de Saint-Lézin, Geoffroi Grisegonelle, abbé des biens de Sainte-Geneviève 3 ; les ducs de France, abbés de Saint- Aignan, de Saint-Germaindes-Prés, de Saint-Martin de Tours, de Marmoutier, de Saint- Denis 4.

De bonne heure d'ailleurs, ces grands seigneurs qui portent le titre d'abbés de tel monastère incorporé dans leur bénéfice, ne le prennent pas dans tel autre placé vis-à-vis d'eux dans

i. Charte d'Albert, abbé de Saint-Quentin, 958-9, Lot, Les derniers Carol., pièces just., 7, p. 407 ; 954, Hemcracus, Augusta Verom., 30 ; 986, p. 32 ; 7 sept. 978, en faveur des moines de Saint-Vincent de Laon, B N, Coll. Moreau, XII, 31 ; d'Herbert, comte et abbé, 26 mars 963, Lot, 2, p. 397.

2 En juin 954-5, Guillaume Tête d'étoupe prend le titre de comte et abbé de Saint-Hilaire (Redet, Doc. S. Hilaire, 23, p. 27) ; en mars 967, Guillaume Fiérabras celui de duc des Aquitains et d'abbé de Saint-Hilaire (32, p. 57).

3. Pour Saint-Julien de Brioude, cf. p. précéd., n. 2 ; Saint-Aubin, Saint-Lézin, cf fasc 2, p. 161. En mars 960, Geoffroi Grisegonelle, qui s'intitule « rerum sanctae Genofefae rector », donne aux moines de Saint-Julien des biens de cette cella qu'il avait attribués en bénéfice à l'un de ses fidèles (Tarbé, Examen critique, dans la R. rétrosp. 2e série, IX, 34).

4. Robert est signalé avec la qualité d'abbé de Saint-Aignan dans un diplôme d'Eudes pour ce monastère (H F, IX, 462). Le trésorier Létaldus, « qui ministerium luminis monasterii sancti Aniani per largitionem domni Roberti régis habeo », cède à cens aux moines de Micy une terre « per jussionem... senioris mei régis Roberti qui senior et abbas e .t totius monasteri » (B N, Coll. Moreau, XX, 115). Le transcripteur de cette charte l'a rapportée aux environ^ de l'an 1025 ; il s'agirait ici de Robert le Pieux ; les rois Capétiens auraient gardé encore à cette date le titre d'abbé de Saint-Aignan. Peut-être le roi Robert ici mentionné est-il le premier du nom, le frère d'Eudes. Robert, Hugues le Grand, Hugues Capet sont dits abbés de Saint- Germain (Ann. S. Gcrtn. Paris., 915, 921, 931, 988, SS, III, 167-8 ; Aimoini contin.: « usque ad tempora Roberti (le pieux) régis,... statuentes decanos monachis, sibi nomen abbatis usurpaverunt », H F, XI, 274) ; Robert est « gregis sancti Martini abbas, sed et cornes » (22 mai 899, Mabille, Inv. norm., 8, Bibl. éc. chartes, XXX, 440 ;

I mars 904, 10, p. 446) ; « gregis atque rerum... beati Martini abbas » (30 mai 914, Mabille, Introd. aux Chroniques d'Anjou de Marchegay, P. just., 5, p. XCVIII) ; Hugues le Grand est « rector abbatiae sancti Martini » (26 mars 931, 7, p. Cil). Robert est abbé de Saint-Martin et de Marmoutier (13 nov. 91 2, 12, p. 452 ) ; Raoul décide le 7 oct. 932 que les deux monastères auront un même abbé, à la prière de Hugues le Grand « abbas utriusque monasterii » (Martène, Hist. de Marmoutier, I, 191 ; Preuves, B. N., lat. 12.878, f° 40). Au mois de mai 937, Hugues le Grand cède des biens en précaire en qualité d'abbé de Marmoutier (f° 42). Le 10 avril 970, il cède à cens un bien « ex rébus portariae sancti Martini majoris monasterii », à la prière de son vassal Haymon, qui tenait la porterie «per nostrae largitionis donum» (E. Cartier, Mél. hist., 19). Saint-Martin de Tours n'a jamais eu d'autre abbé que le roi de France successeur d'Hugues Capet (cf. Vaucelle, La coll. S. Martin, 81).

II en serait de même pour Saint-Denis, suivant M. F. Lot (Études sur Hugues Capet, 226, n. 1). Nous verrons plus loin (p. 20, n. 5) qu'entre 994 et 996, Hugues Capet et Robert ont rétabli à Saint-Denis la succession des abbés réguliers. A titre de successeurs des ducs d'Aquitaine, les rois de France gardaient la qualité d'abbés de Saint- Hilaire de Poitiers et Louis XIII a prêté encore serment à ce titre dans l'église Saint-Hilaire (Richard, Hist. comtes de Poitou, I, 82, n. 3).

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