‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1037 sur 1164 · PATRONAGE TRANSFORMÉ EN « DOMINIUM · texte numérisé non relu

PATRONAGE TRANSFORMÉ EN « DOMINIUM

et que le roi Charles a confié les moines aux mains du comte l. Louis IV associait le duc de Bourgogne à la défense de Saint- Germain d'Auxerre. Otton III donne mission au comte de Namur de protéger en sa place les droits du monastère de Brogne 2. Les moines eux-mêmes, on l'a vu, ne répugnent pas à se placer en même temps sous la défense du grand seigneur du pays et sous la protection du roi 3.

La charge du patronage d'un monastère commise effectivement à l'ancêtre ou alléguée plus tard indûment comme un titre, sera convertie par les successeurs en un dominium pur et simple. Aux termes d'un diplôme de Robert II et suivant le rapport qui lui a été présenté par Foulques Nerra, comte d'Anjou, le monastère de Cormery était autrefois placé sous la spéciale domination des rois. Mais en raison du déchaînement du pillage, l'abbé et les moines ont été forcés de prier le roi de leur instituer un défenseur 4. Le roi leur donna comme tuteur et avoué Foulques le Bon, aïeul du comte, qui en ce temps était le plus proche et le plus puissant après le roi. Les successeurs de ce Foulques ont ensuite réduit l'abbaye sous leur domination 5.

En des temps de profonde insécurité pour les personnes et pour les biens, le patronage prend vis-à-vis des établissements religieux un rôle de plus en plus essentiel. La nécessité pour les moines de trouver protection armée contre les envahisseurs et maraudeurs a changé peu à peu le caractère de l'avouerie. D'office judiciaire exercé pour le compte des religieux, elle s'est transformée, au moins dans les régions où sévit surtout l'anarchie, en une institution de patronage 6, qui d'ailleurs

i. Testam : « commendo... domno nostro Mirone precellentissimo comiti... quia illum recognoscimus adjutorem et defensorern et datorem rerum suarum... » Le roi Charles a fait faire précepte pour nous « ad mercedem vestram et commendavit nos per epistolam suam anulo suo firmatam in manus vestras ». Aussi, l'abbé supplie le comte de défendre les moines après sa mort et de leur assurer la liberté d'élire un nouvel abbé, « in vestro monasterio qui in manus vestras est traditus >• (Marca hispan., 38, p. 803).

2. 992 : « ut loco nostri tueantur jura hujus ecclesie » (D D reg. Germ., 02, II, 503).

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