‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1047 sur 1164 · DROITS DU SEIGNEUR SUR SES ABBAYES · texte numérisé non relu

DROITS DU SEIGNEUR SUR SES ABBAYES

tent et progressent ont su garder leur dominium sur les abbayes dont disposaient leurs prédécesseurs et l'étendre de proche en proche sur d'autres églises monastiques.

Des abbayes seigneuriales les grands usent dès la fin du Xe siècle comme les rois l'avaient fait des abbayes royales. Eux aussi les donnent en toute propriété, les lèguent, les partagent entre leurs ayants droit x. Ces abbayes font partie de leur comitatus, comme les autres monastères royaux appartenaient précédemment au regnum ; elles en suivent les destinées, sont données, léguées ou même vendues avec l'honneur comtal 2.

Ils les cèdent en bénéfice à des vassaux. En 923, Ebbon, vassal du comte de Poitou, Eble, possédait en bénéfice l'abbaye Saint-Paul de Poitiers. Eble attribue à Aymar Saint-Maixent, qui, au temps de Guillaume Tête d'étoupe, constitue le bénéfice de son fidèle Gilbert 3. Noaillé, détaché de Saint-Hilaire est semblablement à la disposition des comtes de Poitiers 4. Aimery, vicomte de Thouars, tenait en bénéfice de Guillaume Fiérabras la cella de , Saint-Michel en l'Herm 5. Albert, comte de Vermandois, maître d'Homblières, en a cédé Yabbatia à son fidèle Ybert 6. Foucher tient par largesse de son seigneur

haute situation occupée par ces deux comtes et le duché amoindri passe en mains diverses. Stavelot est après la mort de Gilbert recueilli par le duc Conrad (plus haut, p. 22, n. 1).

1. Les ûls d'Herbert de Vermandois se sont partagé ses abbayes avec le reste de l'héritage paternel (cf.Lauer, Louis IV, 139). Foulques le Bon, qui laisse le comté d'Anjou à son fils aîné, a sans doute attribué Saint-Aubin à son puiné Guy (plus haut, p. 18, n. 2). Roger, comte de Carcassonne, partage par testament ses abbayes entre ses deux fils (p. 31, n. 2). Les vicomtes de Béziers lèguent ou donnent en dot Saint- Thibéry et Castres (p. 31, n. 1). Rien n'est plus fréquent surtout, on l'a vu, que la donation faite par le grand seigneur de son abbaye, à une église épiscopale, à l'église romaine, à un autre monastère, en particulier à Cluny.

2. Il en est ainsi de Saint- Julien de Brioude et du comté d'Auvergne, de Stavelot et du duché de Lorraine (p. précéd., n. 1). Les abbayes qui appartiennent au comté de Carcassonne sont partagées, léguées, vendues avec lui (p. 16, n. 2). En 1056, Raimond, comte de Barcelone, donne à sa femme le comté et l'évêché de Girone < cum abbatiis quae ad praedictum comitatum vel episcopatum pertinent » (Marca hisp., 246, col. 1109). En 1067, Raimond Bernard, vicomte de Béziers, vend le comté de Redez«et totas abbatias quae in jamdicto comitatu sunt vel quae ad ipsum comitatum pertinent » (H L, V, 280, col. 550). Lorsqu'en 1071, cession fut faite au comte de Barcelone du comté de Carcassonne, elle comprit « civitates, comitatus, episcopatus, vicecomitatus et alii honores..., cum omnibus abbatiis, monasteriis, cellis » (H L, V, Pr., 300, c. 1. 587).

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