ÉVÊCHÉS DES DERNIERS CAROLINGIENS
Dans la France moyenne, Lothaire paraît disposer, en 962, du siège de Chartres x ; en 971, il est encore maître de celui du Mans 2 ; il attribue, en 967, l'archevêché de Sens 3. L'évêché de Meaux est, semble-t-il aussi, resté toujours aux mains des rois 4. Dans la province de Lyon, l'évêché de Langres est conféré par Lothaire, en 980, à son neveu Brunon 5 ; vraisemblablement, la royauté n'a jamais perdu ses droits sur les sièges de Mâcon et de Chalon 6. En 975, Lothaire dispose encore de l'évêché du Puy, qui est toujours resté à la disposition des rois 7. L'évêque de Clermont tient Louis IV pour son seigneur 8
Éloi de Noyau confirme une donation faite par l'évêque Raoul : « cognatus noster... per manum patris nostri Ludovici » (979-86, L. Halphen, Recueil actes Lothaire, 66, p. 159). On a supposé que si, vers 953, Flodoard élu comme successeur de Raoul fut évincé, c'est que la faveur de Louis IV lui fit défaut (cf. Lauer, Introd. aux Ann., XXI). En 977, à la mort de l'évêque Raoul, le siège fut attribué à Liudulf, neveu du roi Lothaire (dipl. 979-86, 55, p. 127), qui n'est évidemment pas étranger à sa promotion. L'évêché de Châlons est rendu à Beuves par le roi Raoul (Ann., 932, p. 53). Le successeur, Gibouin paraît bien être élu au gré de Louis IV (947. P- 104 ; cf. Lauer, Louis IV, 158). Ce monarque a fait déposer, en 948, par le concile de Trêves les pseudo episcopi qu'Hugues le Grand avait fait établir à Senlis et à Amiens (947, P- 104-5 ; 948 p. 120) ; il a par conséquent réussi à remettre la main sur ces sièges. Ceux de Beauvais et Thérouanne étaient sans doute à la disposition du roi Raoul quand, en 933 et 935, Audegier et Guifroi y furent installés par l'archevêque Artaud, créature du roi (Hist., IV, 24, p. 580 ; Ann., 935, p. 61).
1. Après avoir signalé la venue près du roi de Thibaut le Tricheur, alors en mauvais termes avec son seigneur Hugues le Grand, Flodoard rapporte (Ann., 153) que Vulfad, abbé de Saiut-Benoît-sur-Loire, est devenu évêque de Chartres. La promotion à ce siège de l'abbé du monastère royal de Fleury est évidemment l'effet de la bonne entente du roi et du comte de Chartres.
2. Segenfroid cherche appui auprès du comte d'Angers pour obtenir du roi l'évêché du Mans à cette date (Actus pont. Ce-nom., 29, éd. Busson Ledru, 353).
}. A la mort de l'archevêque Archembaud, qui avait pris possession « Lotharii consilio et actu », Anastase est consacré et reçu à Sens « ex praecepto régis Hlotarii » (Uarius, Chron. s. Pétri, H F, IX, 35).