‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1085 sur 1164 · SERVICE AUPRÈS DU SEIGNEUR · texte numérisé non relu

SERVICE AUPRÈS DU SEIGNEUR

aux moines de Saint-Cyprien maintes exemptions relatives soit aux mauvaises coutumes perçues par des tiers, soit au servitium exigé des hommes du monastère au profit du comte l.

Là où l'évêché a été saisi par la maison seigneuriale qui domine le pays, l'évêque remplit le service de cour auprès de son seigneur, comme le faisaient ses prédécesseurs auprès des rois, de la même manière que ses collègues continuent de s'en acquitter au palais quand ils reconnaissent encore le roi pour leur seigneur direct. En 989, l'archevêque de Bordeaux, les évêques de Poitiers, Périgueux, Saintes, Angoulême, Limoges se présentent à la cour du comte Guillaume Fiérabras. Ils y délibèrent au sujet des intérêts des églises ; le comte les invite à bénir la basilique du monastère de Maillezais ; puis prenant avec lui quelques-uns des évêques, il revient à Poitiers pour leur faire procéder à la dédicace de l'église de Saint Hilaire 2. C'est évidemment un ordre de leur seigneur qui détermine les évêques soumis au comte de Poitiers à prendre part aux élections qu'il dirige ou à conférer le sacre, au mépris des droits du métropolitain, à l'évêque désigné par le souverain du Poitou 3. Alain Barbetorte convoque ses évêques à Nantes pour y prêter serment à son fils. Conan, devenu leur seigneur, leur intimera l'ordre d'apposer leur signature à ses chartes. Les grands réunissent des conciles et y invitent les évêques 4.

Le seigneur du pays charge aussi les prélats de ses églises de missions lointaines. Le moine Adalolphe, qui de 941 à 961 gouverne le monastère de Saint-Bertin par l'ordre du comte Baudouin, est envoyé porter ses présents par-delà la mer au roi d'Angleterre 5.

Dans certaines régions au moins, le service du roi continue

nullam publicam functionem locus ille (Noaillé) vel mihi vel ministerialibus meis exhibeat » (Redet, Doc. S. Hilaire, 50, c. 989, p. 59). Le comte agit d'ailleurs en qualité d'abbé de Saint-Hilaire ; mais sa qualité d'abbé se fond avec celle de souverain du Poitou et c'est à ce titre qu'il renouvelle les anciens privilèges (cf. fasc. 2, p. 423, n. 3) des moines au sujet du servitium public.

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