LANGUEDOC, PROVENCE
dre, eux et leurs gens, sur le temporel de la cathédrale Saint- Vincent 1. En Fvancia, le comte du Mans, Herbert I, au temps de l'évêque Avesgaud, envahit les biens de l'église et les pille 2. Geoffroi Grisegonelle, comte d'Anjou, reconnaît que son aïeul, son père et lui-même ont tenu injustement une église qui appartient aux moines de Saint-Jouin de Marnes 3. Les seigneurs des anciens royaumes d'Aquitaine et de Provence, se nantissent aussi de biens d'église. Entre 915 et 921, le pape Jean X a écrit à Raimond II, comte de Toulouse, pour le presser de restituer les biens qu'il a usurpés sur les églises de Septimanie, d'Espagne et de Bourgogne qui relèvent des métropoles de Narbonne et de Lyon 4. Le comte de Provence, Boson, détenait injustement, à la date de 965, des biens de Saint-Victor de Marseille 5.
Après l'expulsion des Sarrasins de Fraxinet, les seigneurs du pays, entre autres le vicomte de Marseille, se disputaient les terres reconquises, sans égard aux droits des saints. Il a fallu que le comte de Provence intervînt pour faire remettre Saint- Victor et l'église de Fréjus en possession de ce qui leur appartenait 6. En Italie, les seigneurs sont semblablement accusés d'usurper des biens d'église pour se faire des vassaux 7.
997 (cf. Pfister, Études sur Robert le Pieux, 54). Abbon, qui a porté les bonnes paroles du comte, n'y a jamais cru ou a cessé de s'y fier et il allègue l'attitude du comte visà-vis de Ferrières. S'agirait-il du comte d'Anjou, Foulques Nerra ? A la vérité, Ferrières ne paraît pas être dans sa sphère d'action ; mais il a pu en faveur de ses vassaux le dépouiller de biens possédés par les moines dans la région de la Loire. Abbon, zélé défenseur des droits monastiques et qui épouse la cause du roi Robert, devait être hostile à Foulques Nerra qui a violé l'asile de Saint-Martin en 996 (L. Halphen, Le comté d'Anjou, pièces just., 3, p. 348-9) et à qui Robert a repris Tours au début de 977 (p. 30). Peut-être dès le mois de novembre, les rapports de Foulques avec le roi se sont.-ils améliorés. On s'expliquerait ainsi qu'Abbon ait accepté de se faire près du pape le porte-paroles du comte, sans toutefois s'en déclarer garant et sans renoncer à ses défiances.
1. Cf. Ragut, Introd. au Cart. Saint-Vincent, LU. Le prince Hugues et le comte Leutald rendirent « aliquid ex rébus quas tenebant » (70, p. 58), des biens que beaucoup des prédécesseurs de Hugues « habent dissipatas sive abstractas » (72, p. 61) ; entre autres l'abbaye de Saint-Clément, occupée injustement par Leutald ou par les siens (71, p 60) et dont les biens sont détenus en particulier par un certain Cicard (157, p 108) et parle vicomte Gautier (292, p 173). Les fidèles du comte ont « envahi » aussi une église appartenant à Saint-Vincent (420, p. 242).