‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1106 sur 1164 · CONFISCATION DES TERRES D'ÉGLISE · texte numérisé non relu

CONFISCATION DES TERRES D'ÉGLISE

teau-Gontier sur une terre des moines de Saint-Aubin 1, dépouillé l'église Saint-Maurice d'Angers des domaines où il bâtit, vers l'an i.ooo, le château de Montrevault 2. On a vu3 que les domaines enlevés à l'église de Verdun par le comte de Blois, Eudes I, servent aussi à construire des châteaux et que Frédéric I, duc de Haute Lorraine, élève le château de Bar sur des terres sonstraites à l'évêché de Toul. En Bourgogne, Otte Guillaume a édifié un château à proximité du monastère de Cluny, vraisemblablement sur les terres des moines 4. Le comte de Châtresay, Erlebald a envahi une terre de l'église de Reims pour y bâtir le château de Masièressur-Meuse que l'archevêque Hervé assiège et emporte 5. Le comte de Sens, Renard le Vieux construit Château-Renard sur les terres du monastère de Ferrières et détruit presque l'abbaye Notre-Dame pour édifier à ses dépens le château de Jouvigny 6. Des évêques eux-mêmes construisent des châteaux au détriment des monastères. Romond, évêque d'Autuna détruit l'abbaye de Conches appartenant au monastère de Ferrières dont il est abbé, pour y édifier un château qu'il a donné à ses enfants 7. Non seulement les églises subissent la perte des terres confisquées, mais le château édifié à leurs dépens est encore de la part du châtelain qui le tient une source de vexations et de rapines. Pour se prémunir contre elles le seul recours est l'autorité lointaine du roi 8.

Jadis, les églises pâtissaient des interre gna 9 ; les biens que les églises d'un seigneur possèdent dans une autre seigneurie sont sans doute exposés aussi à être saisis par le souverain local, qui les attribuera à son gré soit à l'une de ses églises, soit à l'un de ses fidèles. Des propriétés de Saint-Martin de Tours sises en Anjou étaient ainsi tenues, en 958, de la lar-

1. Cart. S. Aubin, c. 1007, 1, p. 1 ; cf. Halphen, 155 et 158.

2. Charte de Saint-Serge d'Angers, coll. Housseau, II, n° 582 ; cf. Halphen, 155.

Page 1