‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1105 sur 1164 · CHATEAUX BATIS SUR TERRES D'ÉGLISE · texte numérisé non relu

CHATEAUX BATIS SUR TERRES D'ÉGLISE

Fiérabras, a cédé en bénéfice des biens qui appartiennent à Saint-Maurice d'Angers et à la potestas du monastère de Bourgueil, qu'elle avait fondé et doté 1. Plus tard encore, on verra la comtesse Agnès attribuer à l'un de ses fidèles un alleu du monastère de Saint-Maixent, sans consulter l'abbé ni les religieux 2.

A partir du Xe siècle, l'envahissement des biens d'église a souvent pour objet l'établissement d'une forteresse qu'un grand ou un petit seigneur, voire même le roi lui-même, bâtit sur une terre d'église, sans souci des droits du propriétaire, et qu'il occupe ou donne en bénéfice sans leur aveu. Hugues Capet, sans doute avant et après son avènement, a construit ainsi aux dépens de Saint-Riquier les châteaux d'Abbe ville, Domart et Encre 3. Nombreux sont les châteaux construits dans les mêmes conditions par Foulques Nerra, comte d'Anjou. Il a élevé sur une terre des moines de Cormery le château de Montbazon 4, celui de Montfaucon « in jus sancti Florentii » 5, enlevé au comte de Nantes Vabbatia de Saint- Florent le vieil, pour en faire un castellum 6, construit Châ-

bénéfice un bien du fraternum frostumde Saint-Hilaire (fasc: 2, p. 283,^4). Avec l'assentiment d'ailleurs des chanoines et à la prière du prévôt, Fiérabras cède à cens à son fidèle Raoul et à deux autres personnages « aliquid de nostro beneficio quod est de ratione beati Hylarii pertinente de communie- fratrum » (Redet, 32, p. 57).

1. « Durannus qui beneficium ex rébus sancti Mauricii, qui sunt de potestate Burgulii, per largitionem dominae Emmae et fratris ejus Odonis comitis habere videor » (B. N. Paris, Coll. Housseau, 226, f° 263). Parmi les biens dont elle a constitué la dotation du monastère qu'elle avait fondé à Bourgueil (cf. Richard, Hist. comtes de Poitou, I, 129), se trouvaient par conséquent des terres de Saint-Maurice d'Angers, vraisemblablement usurpées par ses ascendants et qui étaient à la disposition de la comtesse et de son frère, le comte Eudes. Après les avoir attribuées à son monastère, Emma se croit néanmoins en droit de les céder en bénéfice.

2. Ce chevalier, suivant une notice de 1040-4, « alodum per manum ipsius comitissae sibi vindicavit, absque voluntate domni abbatis » (Richard, Chartes de S. Maixent, I, 103, p. 128). Ce chevalier eut la précaution de faire régulariser cette cession abusive en obtenant l'agrément de la communauté (Histoire des comtes du Poitou

3. Hugues Capet, « primo dux, postea rex », a enlevé aux moines de Saint- Riquier Abbeville, pour y construire un castrum, où il a établi le miles Hugues (Hariulf , Chron. Cent., IV, 12, éd. F. Lot, 205). Saint-Riquier a perdu aussi Domart et Encre, transformés comme Abbeville en caslella, et en outre maints autres domaines et revenus enlevés par le roi Hugues en faveur des milites qui gardaient ces châteaux (21. p. 229), en particulier la cella de Forestmontier, donnée au miles Hugues (12, p. 205) ; « sed et reges Francorum, circa haec tempora nobis magna abstulerunt praedia, quae fossatis ambientes et mûris circumdantes, castella effecerunt » (III, 27, p. 162).

4. Dipl. de Robert II, 1002-6 : « construxit... castellum quoddam, quod vocatur Mons Basonis, in terra ipsius cœnobii et alterum construxit castellum in comitatu Pictavo, quod dicitur Mirebellum, terrae ipsius cœnobii proximum » (H F, X, 578). Cf. Halphen, Le comté d'Anjou, 154

5. Hist. de S. Florent, Marchegay, Chron. des églises d'Anjou, 284.

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