‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 111 sur 1164 · RÉDACTION DES PRÉCAIRES · texte numérisé non relu

RÉDACTION DES PRÉCAIRES

dont l'église du Mans avait gardé jusqu'alors la jouissance, fut livrée par l'évêque Gauziolène à Adalbert et Haganon, ces fidèles du souverain présentèrent au prélat une demande, semblable à la lettre que Vulsindus souscrit pour reconnaître le droit de l'église sur des biens depuis longtemps perdus pour elle 1. De même, un fidèle de Charlemagne, Willibertus, a fait rédiger plusieurs lettres de précaire qui établissent les droits de l'église du Mans sur des biens que l'évêque lui cède en bénéfice par ordre du souverain. Semblablement, les vassi du roi Carloman, Frédélaigus et Godfridus, tiennent des biens de l'église de Metz en précaire de l'évêque et de l'église. Nivélongus a obtenu Perrécy en précaire et moyennant un cens, par la volonté de l'évêque de Bourges 2. Le roi Charles et son fils, le roi Louis, ont donné un bien du monastère de Caunes à Pinaudus, qui reconnaît, le 5 Mai 802, le tenir par le bienfait et en précaire de l'abbé du monastère 3. Quand le roi garde dans son indominicatum un bien d'église, il reconnaît aussi le tenir en précaire. C'est à cette condition, que Charlemagne s'est fait céder par Tilpin de Reims la villa de Douzy 4.

Il s'en faut toutefois que cette satisfaction d'ordre purement juridique ait été accordée pour tous les biens enlevés aux églises et, quand il s'agit d'une sécularisation nouvelle, à l'instant même où l'église perdait la jouissance de son bien. En 779, Charlemagne ordonnera de rédiger des précaires au cas où l'église n'a pas encore obtenu reconnaissance de son droit. Suivant le récit peu sûr de l'historiographe des évêques du Mans, Charlemagne prit sous sa recommandation, à la mort de l'évêque Gauziolène, les hommes de l'église, leur laissa leurs bénéfices, qui furent dès lors tenus du roi et distribua à ses vassaux d'autres biens de l'église. C'est plus tard seulement, sous l'épiscopat de Mérolus et de Francon, que le roi fit rédiger par ses hommes des lettres de précaire qui reconnaissaient le droit de l'église 5.

La décision prise à Estinnes et à Soissons d'exiger des

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