‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 110 sur 1164 · I. — Les anciennes garanties, précaires et cens · texte numérisé non relu

I. — Les anciennes garanties, précaires et cens

Dans l'attente d'une intégrale ou plus large restitution, les synodes de réforme ont institué, en faveur des églises dont il est retenu des biens, la garantie des précaires et la compensation d'un cens. Au cours des années qui suivent, des fidèles de Pépin font rédiger en effet des lettres de précaire ou renouvellent celles qu'avait souscrites un précédent occupant. L'historiographe des évêques du Mans a trouvé aux archives de son église un acte passé en 751 ou 752 qui met Vulsindus en possession de biens qu'avant lui, semble-t-il, et au lendemain même des synodes de réforme, un autre fidèle de Pépin avait reconnu tenir en précaire de l'évêque du Mans. Si la plus ancienne pièce du dossier a péri, la précaire souscrite en 799 par Germundus qui, à son tour, recueillait le bénéfice de Vulsindus, a été conservée \ comme la précaire de ce bénéficier. Après la conquête de l'Aquitaine, Pépin prescrit aux laïques et séculiers qui détiennent des biens d'église, de souscrire des précaires; il étend évidemment aux régions aquitaniques une pratique déjà commune en Francia 2.

La méthode, par laquelle les réformateurs d'Estinnes et deSoissons ont régularisé les spoliations déjà faites, fut appliquée par Pépin et Charlemagne aux sécularisations nouvelles qu'ils ordonnèrent. Que le bien soit retenu depuis le temps de Charles Martel aux usages de la milice ou qu'un ordre royal le détache de Y indominicatum de l'église, celle-ci obtient semblablement qu'une précaire soit souscrite en garantie de ses droits. Lorsque sur l'ordre du roi Pépin, la villa d'Ardin,

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