‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1110 sur 1164 · RESTITUTIONS FAITES PAR LES SEIGNEURS · texte numérisé non relu

RESTITUTIONS FAITES PAR LES SEIGNEURS

Pour les mêmes motifs et de la même manière que les rois, les grands seigneurs rendent parfois aux églises les biens qu'eux-mêmes ou leurs fidèles retenaient en leurs mains. En 975, le duc des Francs, Hugues Capet restitue à l'église d'Orléans l'abbaye de Saint- Jean, que son miles Hugues tenait de lui en bénéfice. Guillaume Fiérabras a restitué aux chanoines de Saint-Hilaire la cella de Noaillé. Geoffroi Grisegonelle a rendu une église aux moines de Saint -Jouin de Marnes *. Quand ils font réformer l'un de leurs monastères, les grands seigneurs lui font toujours de larges restitutions2. Ils estiment s'acquitter ainsi d'une œuvre pie et ne distinguent, pas plus que les rois, leurs restitutions des libéralités pures et simples 3.

Les seigneurs laïques ou ecclésiastiques ne peuvent rendre aux églises de leur honor les biens qu'ils ont cédés à leurs fidèles qu'avec le consentement et d'accord avec ces vassaux. Roricon, évêque de Laon, eut voulu restituer à Saint-Vincent la terre des villae que ses vassaux retenaient depuis longtemps. Comme il n'avait pour l'instant rien qu'il pût leur donner en échange et qu'il ne parvenait pas à persuader ses milites de faire d'eux-mêmes restitution, il a dédommagé les moines par d'autres libéralités 4.

Souvent, c'est le fidèle qui spontanément remet à l'église le bien dont son seigneur accorde à sa prière restitution. L'évêque de Mâcon, Mainbod a prié le comte Leutald de faire justice au sujet de l'abbaye de Saint-Clément appartenant à Saint-Vincent, que lui et les siens occupaient injustement et

ecclesie sanctorum injuste abstulerat in proprios usus illam sibi vendicavit et post ejus obitum Hugo rex, filius ejus dum advixit similiter eam tenuit. Domnus quoque Rotbertus rex... jam dictam villam aliquanto tempore in suo dominio habuit » (p. 105). Robert ne la rendit aux moines qu'au jour où il leur prit plusieurs domaines pour en constituer la dot d'une sœur. Cet échange ne réparait nullement la confiscation antérieure.

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