‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 1124 sur 1164 · PATRONAGE ROYAL, PATRONAGE PONTIFICAL · texte numérisé non relu

PATRONAGE ROYAL, PATRONAGE PONTIFICAL

aux Saints-Apôtres. Louis IV prend, en 939, sous son mainbour le monastère Saint-Pons de Tomières soumis deux ans plus tôt à l'église romaine l. Le souverain, pas plus que le pontife romain, en accordant lui aussi sa tuitio à des moines, ne croyait empiéter sur les droits du protecteur qu'ils avaient déjà. De part et d'autre, rois et papes confirmaient, en vertu de leur autorité propre, l'indépendance de la communauté et lui assuraient le bénéfice de leur patronage associé à celui qui s'exerçait déjà sur elle. Silvestre II déclare que comme l'abbaye de Stavelot et de Malmédy fut défendue tant par l'autorité de ses prédécesseurs que par l'immunité des rois, il la reçoit sous la même tuitio de son immunité. 2. Benoît VII décide que le monastère de Nienburg jouira de la même liberté que les établissements, qui dans la même région sont sous la tutelle des papes et le mainbour des empereurs 3.

De ces protections parallèles et semblables 4, qui s'offraient ainsi aux établissements monastiques, celle du Siège Apostolique parut être d'un plus haut prix. Tout ce qu'on pouvait attendre du patronage roj^al, la tuitio pontificale l'apportait dans la même mesure. Le mainbour exercé par le palais qu'on recherchait avidement jadis, avait perdu, dès la deuxième moitié du IXe siècle, sa valeur juridique. Le privilège pontifical impliquait en fait et concédait même ou confirmait expressément l'immunité 5. Il stipulait en faveur des moines toutes les libertés qu'énonçaient les diplômes royaux, mais qu'ils ne procuraient pas toujours et que les rois violaient souvent eux-mêmes, en particulier le droit d'élire parmi les leurs un abbé.

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