‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 149 sur 1164 · ABBAYE BÉNÉFICE D'UN CLERC, D'UN ÉVÊQUE · texte numérisé non relu

ABBAYE BÉNÉFICE D'UN CLERC, D'UN ÉVÊQUE

voldus obtient, sans doute à titre bénéficiaire, l'abbaye deSaint- Wandrille à la mort de Widolaicus. Elle avait été promise au neveu de ce dernier ; il reçut en compensation le monastère de Saint-Serge d'Angers 1.

Comme sous le principat de Charles Martel, il n'est pas rare qu'un évêque jouisse d'une abbaye qui n'est pas propriété de son évêché et qu'il tient en bénéfice personnel de la faveur du monarque. Pépin, alors qu'il était déjà roi, a cédé en bénéfice à Milon, évêque de Trêves, le monastère de Mettlach que cet indigne prélat avait reçu déjà dans les mêmes conditions du maire du palais, Charles Martel 2. Le patriarche de Grado, Fortunat, obligé de quitter son diocèse, a été pourvu par Charlemagne d'un bénéfice en Francia, l'abbaye de Moyenmoutier 3. Francon, évêque du Mans, a peut-être tenu aussi de lui en bénéfice, pendant quelques années, le monastère de Saint-Calais 4. L'évêque de Saintes, Atho, a obtenu de sa largesse Noirmoutier, avec mission à la vérité de restaurer et de réformer cet établissement 5. Bernerad, archevêque de Sens, est abbé d'Echternach 6. Sous Charlemagne, l'abbaye de Saint-Amand paraît avoir été successivement aux mains de

per nostram largitioneni tenebat » (HF, VI, 542).Théodrade, qui s'intitule ailleurs abbesse d'Argenteuil (Charte de 824, Tardif, Mon. hist., n8, p. 82), est dite ici Deo sacrata ; cette religieuse abbesse tient néanmoins le monastère en bénéfice de la largesse du souverain.

1. Gesta abb. Fontan., 16, S.S, II, 291. Gervoldus abandonne l'évêché d'Évreux pour entrer en possession de l'abbaye.

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