‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 150 sur 1164 · Cf. plus haut, p 21, n · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p 21, n

3. Léon III écrit à son sujet à l'empereur: «Non audivimus de eo sicut decet de archiepiscopo... de partibus Franciae, ubi eum beneficiastis » (5, Ep., V, 95). Une lettre de Frothaire (21, p. 290) nous apprend qu'il fut abbé de Moyenmoutier. Cette abbaye constitue vraisemblablement le bénéfice ou une part du bénéfice qu'il a reçu de Charlemagne (Cf. L'origine des menses, 66).

4. C'est au moins ce qui fut admis lors du jugement de Verberie : « Franco... non amplius quam novem annos illud (Saint-Calais) tenuit et in vita sua, retento episcopatu, amisit » (Cart. Saint-Calais, 21, p. 38). Francon et Aldric n'auraient tenu ce monastère qu'en bénéfice : « nisi jure beneficii per munificentiam principalem » (p. 39).

5. Dipl. de Louis le Pieux, 3 août 830 : « Atho quondam episcopus... per largitionem... Karoli genitoris nostri... adeptus, ut ordo regularis, qui... partira per torporem praepositorum, partira vero per segnitiem subjectorum fuerat depravatus ad pristinum revocaretur statuni » (HF, VI, 563). Peut-être la déchéance de l'établissement est-elle due en partie à des incursions de Sarrasins (cf. Poupardin Mon. de Saint- Philibert , Introd., p. xxv). Vraisemblablement, le monastère n'a cessé depuis près d'un siècle d'être mis en des mains séculières, peut-être laïques et c'est un bienfait pour lui d'être confié à un évêque réformateur.

6. Dipl. de Charlemagne 783 ?, BM 343 : « Berneradus sanrtae Senonensis urbis et ecclesie archiepiscopus qui est rector monasterii sancti ubi sanctus Willibrordus... requiescit » (DD Karol., 186, I, 250). De même, en 744, David, évêque de Spire, est abbé de Wissembourg (cf. Hauck, I, 513, n. 3). Les évêques qui gouvernent Lobbes à cette époque, n'occupent pas un siège épiscopal ; ce sont exclusivement des évêques abbés (Warichez, L'abbaye de Lobbes, 24).

128 cumul d'abbayes bénéfices

trois évêques d'un siège différent \ Semblablement l'abbé d'un monastère jouit parfois à titre personnel d'une autre abbaye. C'est au temps de Pépin que Saint-Goar devint en fait une dépendance du monastère du Priim ; pourtant la cella n'avait pas été soumise aux religieux de Prùm ; elle avait été seulement commise à l'abbé de ce monastère, à titre de bénéfice 2.

La faveur royale accorde parfois plusieurs de ces bénéfices à un même serviteur favori. Entre les mains d'Alcuin, c'est un véritable cumul d'abbayes. Il a reçu d'abord Ferrières et Saint-Loup de Troyes 3, puis Saint-Martin de Tours 4, Flavigny 5 et peut être Berg 6. Sur le littoral du détroit qui sépare les pays francs des pays anglo-saxons, le roi lui a cédé la cella de Saint- Josse 7. A la fin de sa vie, permis-

i. La liste des abbés de Saint- Amand(SS, xm, 386) signale successivement trois abbés évêques, Gillebert (évéque de Tournai et Noyon), Agelfrédus, évéque de Liège), ' Arn (archevêque de Salzbourg). Gillebert a été élu pasteur par les moines de Saint- Amand, puis par le clergé de Noyon (Epitaph., Poetae la'-., 1, in). Décédé en 782, il fut enseveli à Saint-Amand (Alcuini carm., p. 305 ; Ann. Eln. ma]., SS, V, n), ou vraisemblablement il a gardé Yabbatia jusqu'à sa mort. Agelfrédus, évéque de Liège depuis 768 et 769 (Gall. Christ;, III, 831), obtint sans doute alors l'abbaye. Il mourut en 787 (Ann. Eln. ma].) ; c'est vraisemblablement à cette date seulement que l'ancien moine de Saint-Amand, Arn, ordonné en 785 évéque de Salzbourg {Ann. Juuav. mm., SS, 1,88), devint abbé de Saint-Amand. Le cumul de Y episcopatus de Salzbourg et de Yabbatia de Saint-Amand en ses mains explique les villégiatures que fait l'archevêque dans son abbaye (Cf. Alcuini ep., 150, Ep., iv, 246 ; 159, p. 258 ; 165, p. 267 ; 167, p. 275). Nous savons par Alcuin (Poetae hit*, I, 306 et 308) que le pontife (sacerdos) Arn a ordonné (jusserat) des travaux qui furent exécutés au monastère par le sacriste Lothaire « mandante magistro ». Comme il n'est fait mention ici des ordres d'aucun autre prélat, abbé du monastère, l'évêque de Salzbourg avait certainement alors cette qualité. Très mêlé aux affaires, il s'en est retiré dans ses dernières années (Cf. art. de Rettberg dans la Realencyklopàdie) . Il a sans doute résigné alors son abbaye, que l'éloignement, l'âge et les infirmités ne lui permettaient plus de conserver. Les Annales Elnonenses majores (loc. cit.), qui signalent sa mort en 821, notent à l'année 819 le décès de l'abbé de Saint- Amand, Adalric, qui par conséquent lui succéda de son vivant dans le gouvernement du monastère.

2. Mirac. s. Goaris, Addit. : « Quando non ipsi monasterio (Prumiensi) et raonachis, sed abbati tantum est beneficii ad regendum jure commissa (par Pépin) » (SS, xv, 372). Sous Charlemagne, l'évêque de Trêves, Véomad, réclama vainement d'ailleurs, comme propriété de son. église, la cella de Saint-Goar que Pépin avait donnée en bénéfice à Assuérus, abbé de Priim.

3. Post 781, Vita Alcuini, 9, SS, xv, 190. Alcuin n'est pas un moine, mais un canonicus (cf. Piickert, War Alkuin Mônch, Excurs I de Aniane und Gellone ,248) et détient ses monastères à titre de bénéfice.

4. En 793 : «Qui digne Deo istud cum aliis regens monasteriis ». Alcuin accepte d'ailleurs Saint-Martin pour réformer la communauté (loc. cit., cf. Aie. ep. 101 Ep., iv, 148).

5. Hugues de Flavigny, Chronicon, SS, vm, 352 ; Séries abb. Flavin., p. 502.

6. Alcuin avait autorité dans ce monastère, car il écrit à un familier: «Ut tibi mandavi, Bergenses instrue nostros » (Carm. 31, Poetae lat., 1, 249).

7. Lupi ep., n : «Cella sancti Judoci quam magnus Karolus quondam Alcuino ad elemosinam exhibendam peregrinis commiserat » (Ep., vi, 21). Une lettre d'Alcuin

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