‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 164 sur 1164 · LOUIS LE PIEUX DONNE DES MONASTÈRES EN BÉNÉFICE · texte numérisé non relu

LOUIS LE PIEUX DONNE DES MONASTÈRES EN BÉNÉFICE

ici de son office ] ? « Cette protestation est restée, au IXe siècle, sans écho; elle est comme le prélude lointain des orages que soulèvera plus tard l'investiture laïque.

Louis, qui n'a pas cessé de faire largesse des évêchés, croit aussi pouvoir les retirer à ceux qui ont démérité. A l'issue de chacune des révolutions de palais qui troublent la seconde partie du règne, des évoques sont expulsés de leur siège 2. L'abus des évictions épiscopales soulèvera par la suite de vigoureuses protestations ; mais, à notre connaissance, il ne s'en fit pas entendre encore du vivant de l'empereur.

Louis le Pieux n'a pas davantage renoncé à disposer des abbayes au mieux des intérêts de son gouvernement. Au temps où, roi d'Aquitaine, il suivait docilement les règles qui dirigeaient la politique ecclésiastique de Charlemagne, Louis estimait, comme tout le monde, que l'intérêt public l'obligeait à céder des monastères en bénéfice à ses serviteurs. Il s'en tenait à l'usage de ses prédécesseurs qui s'imposera, pensait-il, à ses successeurs comme à lui-même 3. Tel est encore son sentiment quand il devient seul maître des pays francs. En 817, l'empereur constate que de nombreux clercs tiennent des monastères de femmes, que maints laïques ont en mains des monastères d'hommes et de femmes et il ne paraît songer en aucune manière à mettre un terme à cet usage, car il presse les archevêques de veiller à faire observer dans ces maisons la règle canoniale récemment édictée 4.

Aucun des monastères qu'il avait en vue dans cette lettre, n'est une maison de stricte observance. Mais il ne semble pas qu'au début de son règne, il ait eu souci d'épargner aux communautés monastiques le fléau des abbés séculiers ou laïques. On le voit, au contraire, céder en bénéfice à des séculiers Yabbatia de monastères réguliers qui avaient conservé jusqu'à son avènement des abbés de même profession. Angilbert, moine et abbé de Saint-Riquier, mourut quelques jours après

1. Vita Walae, II, 2 : « quid est quod das, quando honores ecclesiarum, immo, ut sentio, onera quae largiris ? Quod si res Domino jure eleemosynarum légitime consecratae sunt, ecclesiarum ejus sunt.Siautem benedictiones et Spiritumsanctum, quem digne Deo electi deinceps a Domino et a sacris consecratis praesulibus percepturi sunt, auctoritate divina dare te existimas ■ noveris quod extra officii tui est quod praesumis » [SS, II, 548).

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