‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 17 sur 1164 · EXPULSION DES PRÉLATS HOSTILES · texte numérisé non relu

EXPULSION DES PRÉLATS HOSTILES

comte Roger et a été mis par lui en possession du siège, sans l'aveu de Pépin, que le maire du palais établit au Mans un nouvel évêque que Roger se vit contraint d'accepter 1.

Les chefs des monastères pâtissent, comme les évêques, des intrigues où ils se trouvent mêlés. Raginfride avait chassé de Saint-Wandrille l'abbé Bénigne et attribué le monastère à Wando. Quand Charles l'eut emporté, il expulsa cet abbé et rétablit Bénigne. Guy, abbé de Saint-Vaast d'Arras et de Saint-Wandrille, parent de Charles Martel, est exécuté comme coupable d'avoir conspiré contre le maire du palais 2. Célestin, abbé de Saint-Pierre-au-mont-Blandin, accusé d'avoir embrassé la cause de Raginfride, fut déposé par Charles et mourut à Rome en exil 3.

En expulsant des prélats peu zélés ou hostiles à son égard, Charles Martel n'a fait que suivre l'exemple de son père. Des violences semblables ont pu être commises à l'insu du maire du palais par des familles rivales de celle qui s'est saisie d'une église épiscopale. Un acte de 739 rappelle que l'oncle du patrice Abbon, l'évêque de Gap, Semforianus, se proposait de léguer ses biens à son église ; mais il a été expulsé par des méchants avant d'avoir pu remplir ses intentions 4. Willichaire de Vienne a fui de lui-même son église parce qu'il voyait les Francs, c'est-à-dire sans doute les grands, en usurper tous les biens 5.

Dans ces conditions, les maires du palais eurent surtout souci de confier à des gens sûrs le gouvernement des églises et des monastères. Les traîtres, les suspects et les tièdes en furent évincés et ce devint le prix offert à la fidélité des

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