LOUIS USE DES BIENS DÉJÀ SÉCULARISÉS
quarante manses qui dépendent d'une troisième ont été ravis de la même manière au détriment de l'évêché de Toul ; l'ancienne constitution, déclare l'évêque, est tombée en désuétude, si bien qu'aucun cens n'est plus payé 1. Toutes ces pertes ont été évidemment souffertes sous les prédécesseurs de Louis.
La correspondance de l'évêque traite aussi d'une villa rendue par Louis le Pieux aux moines de Saint-Epvre et que Frothaire a cédée en bénéfice à un Espagnol du nom de Joseph. A la mort de ce personnage, comme la veuve et son fils appartiennent à la iamilia de l'empereur, l'évêque se proposait de leur laisser le tiers du domaine et d'affecter le reste à la communauté de Saint-Epvre ; mais la femme est venue au palais pour obtenir, à l'insu de l'évêque, le bénéfice entier 2 Vraisemblablement la villa, au temps où elle fut restituée par Louis le Pieux, était occupée par un fidèle du roi ; il fut reconnu que ce bien, jusque là tenu pour fiscal, appartenait à Saint-Epvre, mais il resta aux mains du bénéficier royal qui en fut investi en vertu d'un précaire épiscopal. A sa mort, l'évêque tente de ressaisir le bien au moins en partie ; mais la veuve prie l'empereur de transmettre intégralement le bénéfice en ses mains et en celles de son fils. Ici encore il s'agit de biens d'église depuis longtemps sécularisés, que se disputent deux solliciteurs : l'église qui souhaite rentrer en possession, les héritiers du bénéficier défunt qui réclament un renouvellement du précaire.
Incontestablement, Louis le Pieux n'a pas renoncé à faire usage en faveur de ses serviteurs des biens d'église déjà sécularisés, mais en général au moins 3, il semble que. fidèle à sa
i. Ep. 17, p. 288. Dans cette lettre, l'évêque, pour ne pas être importun, demande seulement réparation immédiate au sujet des deux manses ;mais il se propose deprésenter la même réclamation de vive voix au sujet des autres domaines. Ceux-ci ont été ravis duditm ; cette expression signifie précédemment et peut s'appliquer à une ancienne sécularisation, comme à une perte relativement récente. L'allusion faite à l'ancienne constitution tombée en désuétude marque qu'il ne peut s'agir d'une spoliation toute fraîche.