LOUIS LE PIEUX S'ABSTIENT DE SÉCULARISER
promesse de Janvier 819, o.l se soit abstenu de soustraire aux églises des biens dont elles gardaient la jouissance. En 834 et 836, il adresse des remontrances à ses fils Pépin et Lotbaire qui ont mis à contribution le temporel des églises et les presse de faire droit aux réclamations du clergé. Pouvait-il les réprimander au sujet d'agissements qu'il se serait lui-même permis? Les évêques qui, en 836, adressent à son fils Pépin, d'accord avec l'empereur, une longue admonestation, n'ont pas jugé que Louis dût en prendre sa part 1. Les conciles tenus après sa mort parlent des sécularisations comme d'une pratique que la piété des rois précédents avait abrogée et qui renaît alors 2.
Au reste, si à la fin de 818 le clergé redoutait de nouvelles spoliations et réclamait du pieux souverain des garanties à ce sujet, dans les années qui suivent la promulgation du capitulaire de 819, les plaintes dont Wala et Agobard se font les interprètes, marquent une autre préoccupation. Il ne s'agit plus d'obtenir de l'empereur qu'il cesse de séculariser les biens d'église ; ce point paraît acquis et personne ne reproche à Louis d'avoir manqué à la parole donnée. Le débat porte sui les domaines ecclésiastiques confisqués par les prédécesseurs du pieux empereur et dont les milites jouissent sans scrupules. .C'est le passé qui est en jeu et dont le clergé réclame une liquidation plus équitable ; il n'accuse pas l'empereur de spolier les églises, mais de laisser ses fidèles en trop paisible possession de biens acquis indûment
II — Les biens d'église sécularisés
Les inquiétudes auxquelles Louis-le-Pieux a voulu mettre un terme en Janvier 819, lui ont été vraisemblablement exprimées par des clercs et des moines soucieux d'épargner pour l'avenir à l'avoir ecclésiastique de nouvelles spoliations. Ils se plaignirent sans doute en même temps de celles qui naguère ont réduit maintes églises à l'indigence et réclamèrent restitution des biens précédemment soustraits. Dans le même capitulaire, en effet, l'empereur déclare qu'il se propose de prendre par la suite, quand il en aura la facilité et avec le conseil de ses fidèles, d'autres mesures réparatrices, en particulier au sujet des églises dont l'avoir se trouve par trop diminué, ou à propos des biens qui, récemment et sous