‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 204 sur 1164 · SPOLIATION DES ÉVÊCHÉS ET ABBAYES · texte numérisé non relu

SPOLIATION DES ÉVÊCHÉS ET ABBAYES

Epvre ; Lothaire l'a cédée en bénéfice à ses fidèles en faveur desquels elle fut peut-être découpée en plusieurs morceaux 1. L' église de Verdun a beaucoup souffert de la disgrâce où est tombé, vis-à-vis de l'empereur, l'évêque Hildinus qui, en 841, avait embrassé le parti de ses frères : les biens de l'évêché ont été soustraits et aliénés 2. Lothaire a dépouillé l'église de Lyon de maints domaines en colorant cette spoliation de divers prétextes, afin de constituer des bénéfices à plusieurs des siens 3. Le comte Girard a obtenu de lui en bénéfice des propriétés de l'église de Vienne. Ces biens, restitués en 858 par Charles de Provence, ne représentaient qu'une petite part des villae et églises de cet évêché qui avaient été dérobées et données en bénéfice 4, probablement par le même Lothaire. Peut-être a-t-il aussi soustrait des biens à l'église de Besançon5, Les sécularisations faites par Lothaire atteignent les abbayes comme les évêchés. Louis le Pieux avait cédé aux religieux de Ferrières en toute propriété la cella de Saint- Josse ; Lothaire l'accorda en bénéfice aux instances d'un intrigant 6. Le 20 Août 841, à la prière de Raban, il confirme aux moines de Fulda la propriété d'une terre que leur avait cédée son

1. Dipl. de Lothaire II, 6 août 858 : « genitor noster... ab ecclesia sancti Stephani cellulam sancti Apri accipiens, fidelibusque suis jure benefieiali praebuerit » {HF, vm, 405). Lothaire l'a restituée par la suite. Puisqu'il l'a cédée à ses fidèles, et non à l'un d'eux, i' semble qu'il ait taillé plusieurs bénéfices dans la même abbaye.

2. L'évêque Hatton, qui succède à Hildinus vers 847, «pro praedicto imperatoris odio invenit tunicam sanctae Mariae per multa scissam et disruptam, id est res istius aecclesiae nimium subtractas et alienatas » {Gesta ep. Vïrdun., 18, SS, iv, 44-45).

3. En vertu de deux diplômes délivrés vers 846 et 853 (BM 1150 et 1156 ; HF, viii, 384 et 390), Lothaire I restitue à l'église de Lyon une « pars ablata non modica et in saecularium hominum ditionem redacta », les biens tenus en bénéfice par Adalard, Gunduinus, Bertmundus et son père Ebrardus, que l'empereur avait saisis « pro causis non modo necessitatis, verum etiam dissidiorum quae inter nos et antistitemipsiussedisortaessent ». C'est peut-être aussi sous Lothaire que l'église a perdu les biens « quae per insolentiam et quorumdam cupiditatem ab eadem ecclesia ablatae vel subtractae esse noscebantur » et que l'empereur lui restitue (BM 1 157-8 ; HF, vin, 389 et 390-391), les «res pravorum invasioni a regibus concessas » que Charles le Chauve rend à l'église de Lyon (p. 622) et la villa tenue en bénéfice par son fidèle Lambert, qui avait été injustement soustraite en raison de l'incurie des précédents archevêques (ibid.). Les villae de Tournon et de Courtenay restituées par Lothaire I et Charles de Provence (Dipl. de Charles, p. 399 ; de Lothaire II, p. 410), avaient été, déclare Lothaire II, « quibusdam curriculis annorum ablata saecularium incursione » (loc. cit.) ; ces envahisseurs s'autorisaient sans doute d'un don de l'empereur Lothaire. Il en est peut-être de même de la villa Livia, rendue par Charles de Provence, puis cédée de nouveau en bénéfice par Lothaire II (Dipl. de Charles et de Lothaire II, p. 399 et 409).

4. Dipl. de Charles, HF, vm, 397 ; cf. plus haut. p. 7s, "• 5-

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