‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 216 sur 1164 · SPOLIATEURS CAROLINGIENS · texte numérisé non relu

SPOLIATEURS CAROLINGIENS

Martin et peut-être Enfonvelle *. Il enlève à l'église de Metz le monastère de Gorze pour l'attribuer au comte Bivin 2. Lui encore ou son père a soustrait au même évêché l'abbaye de Senones 3. Il est accusé, comme Lothaire I, de piller les domaines de l'église de Reims sis dans ses États *. Parfois même il reprend aux églises les biens que ses prédécesseurs leur ont rendus. Il a remis la main sur Saint-Epvre, dont son père avait ordonné la restitution 5. Son frère, Charles de Provence, avait rendu à l'église de Lyon des domaines que Lothaire II sécularisa de nouveau 6. De même, Louis le Bègue et la reine Richilde, au cours de l'expédition de Charles le Chauve en Italie, cèdent en bénéfice à un solliciteur la villa de Neuilly que ce roi avait fait restituer récemment à l'église de Reims 7. Le 6 août 885, furent rendus à l'église de Lausanne des biens qui lui avaient été longtemps soustraits ; le personnage qui les restitue, déclare qu'il les avait reçus en toute propriété de l'empereur Charles le Gros 8.

r. Dipl. de Charles le Simple, 20 janv. 912, restituant Bonmoutier, (HF, ix, 515. Cf. Gestaepisc. Tull., 27 et 30, SS, vm, 638 et 639).OttonIII,en 98 1 , déclare restituer à l'évêché l'abbaye de Saint-Dié qui avait été enlevée par violence par le roi excommunié, Lothaire (DD reg. Germ., 2. il, 396). Cf. dipl. d'Otton II, 99, p. 113. Le 6 août 858, Lothaire II a lui même restitué l'abbaye de Saint-Epvre, qu'il avait précédemment enlevée à l'église de Toul (H F, vm, 405). Suivant le dipl. de Louis le Bègue du 9 déc. 877 (ix, 399), les abbayes de Saint-Epvre, Saint-Germain et Saint- Martin ont été soustraites puis rendues par Lothaire, et il paraît certain (cf. K. Voigt, Die Katol. Klosterpolitik, 21) qu'il s'agit ici de Lothaire II. Enfonvelle qui aurait été rendu à l'église de Toul par Charlemagne (cf. plus haut, p. 73, n. 3), figure en 870, parmi les monastères royaux (Divisio regni Hlotharii, Cap., 11, 194) et a pu être soustrait sous Lothaire I ou Lothaire II (cf. K. Voigt, 23). Suivant l'hypothèse du même érudit, le monastère de Saint-Gangulf , tenu lui aussi à cette date pour monastère royal et que revendiquera plus tard l'église de Toul (Dipl. interpolé d'Otton II, DD regum Germ., 11, 62, p. 73), aurait été enlevé aussi à l'église avant 870.

2. Charte d'Advence, évêque de Metz, 863 : « Sed cura jam laicalibus deservire imperiis predictum locum Hlotharius rex censuit, Bivino cuidam comiti illud committens » (d'Herbomez, Cart. de Gorze, 60, p. 108).

3. Senones appartenait à l'église de Metz au temps de Louis le Pieux (BM 817). Au partage de Meerssen, elle fut attribuée à titre d'abbaye royale à Charles (Cap. ", 195)-

4. Nicolai ep., 15 : « sanctae ecclesiae Kheinoruiu... in regni tui finibus facilitâtes ac praedia constituta diripias » (Ep., vi, 281).

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