‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 228 sur 1164 · ÉGLISES ATTEINTES PAR LES CONFLITS DES ROIS · texte numérisé non relu

ÉGLISES ATTEINTES PAR LES CONFLITS DES ROIS

d'Hincmar1. Il était probablement sincère; personne plus que l'archevêque de Reims n'est intéressé à réagir contre la détestable habitude qu'ont prise les rois de se saisir des biens d'église, sous prétexte qu'ils appartiennent à une piscopatus ou une abbatia dont dispose un roi ennemi. Le souci de mettre un terme aux menaces qu'un souverain étranger fait peser sur les biens de l'église de Reims sis en Lorraine ou en Provence, n'est pas étranger sans doute à l'empressement avec lequel Hincmar sert la campagne faite par Charles le Chauve, en 869, pour ramasser la succession de Lothaire II 2. Le duc et prince des Bretons, Salomon, s'est sans doute saisi lui aussi de biens qui, en Bretagne, appartiennent aux églises de Francia 3.

Sous les derniers Carolingiens, les églises souffraient encore des rivalités des rois et des royaumes. Au temps de l'archevêque Foulques, les souverains de Germanie ne cessent d'usurper les biens de l'église de Reims. Arnoul en confisque toutes les propriétés sises dans son royaume 4. En 896, Foulques se plaint près du pape Etienne, de Zwentibold qui afflige cette église et en distribue les biens à ses fidèles 5. A la fin du Xe siècle, l'annonce d'une paix que LouisV s'apprête, croit-on, à conclure avec la cour de Germanie, a ranimé chez l'archevêque de Cologne l'espoir de recouvrer des biens depuis longtemps soustraits à son église. A la vérité, à cette heure, la spoliation est le fait non pas du roi carolingien mais de seigneurs qui tiennent pour lui et sa maison, Dudon, le comte Sigebert. Les évêques de Soissons et de Reims seront priés de contraindre ces hommes, leurs diocésains, à faire justice à l'église de Cologne. Au cours des pourparlers qui se poursuivent entre le roi Louis, Hugues Capet et les représentants d'Otton III, Gerbert écrit à l'archevêque : « Au sujet des biens qui vous ont été enlevés par violence en nos régions, il est préférable

1. Flodoaid, Hist., m, 26 : « De hoc etiam quod scripserat hic cornes se audisse quod rex iste Karolus monasteria vellet usurpare, quae beato Petro apostolo idem Gerardus tradiderat ; et quia si res ipsius quae in hoc regno conjacerent, ab eo forent ablatae, ipse licet invitus res hujus regni quae in illo habebantur regno praesumeret, respondit domnus presul, quia sua voluntate nemo res ecclesiae in suum periculum usurparet » {SS, xm, 540). Un peu plus tard, le 7 janv. 868, Charles le Chauve confirme la donation faite à l'église romaine, {HF, vin, 608) et déclare légitime et opportun le privilège pontifical (cf. Fabre, Etude sur le liber censuum, 46).

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