ASSEMBLÉE DE VER
de leur jeune souverain. Il fut décidé vraisemblablement qu'on préciserait certains points et que plus ample satisfaction serait demandée à leur maître 1. Trois mois plus tard, assemblés au palais de Ver, ils délibéraient de nouveau à l'invitation du roi lui-même et chargeaient Loup de Ferrières 2 de rédiger leur requête.
Au synode général de Yiïtz, on priait les rois de pourvoir aux sièges vacants. A Ver, les évêques désignent à Charles les églises de ses États qui souffrent d'une vacance prolongée, l'église d'Orléans 3 et surtout l'église de Reims. Non seulement elle est depuis longtemps sans pasteur, mais récemment elle a été spoliée de ses biens et accablée d'injustices. Que cette église déchirée obtienne réparation et qu'il lui soit donné un évêque 4.
A Yûtz, les évêques s'étaient offerts à porter leur part des charges publiques. Avant de se réunir au palais de Ver, ou dès le commencement de leurs délibérations, les évêques du royaume occidental ont prié leur roi d'avoir égard au lourd service qu'ils ont supporté déjà. Certains d'entre eux sont de droit dispensés par le mauvais état de leur santé de prendre part aux expéditions; quant aux autres, déférant au vœu qu'ils ont exprimé, le roi consent à leur accorder le repos. Néanmoins ils n'entendent pas que leur absence cause préjudice à l'armée, Si le roi y consent, les évêques confieront à l'un de ses fidèles,
i. C'est ainsi, croyons-nous, qu'il faut interpréter ce que rapporte le préambule du synode de Meaux du scriphtm rédigé à Ver peu de temps après la rédaction du scriptum de Thionville : « Quartum (le quatrième en date) ex convenientia in praedicto conventu (de Thionville) ceptum et in Verno palatio perpetratum » (p. 396).. Peut-être à Yiïtz, les évêques du royaume occidental ont-ils chargé déjà Loup de Ferrières de préparer une rédaction, qui fut examinée et retouchée à Ver, présentée ensuite au roi. — Audradus Modicus a été averti, au cours d'une vision, que l'année suivante, le roi qui n'a pas craint de porter atteinte au bon état des églises, subira un échec en Bretagne et aura peine à échapper personnellement. Un an après, jour pour jour,la prophétie s'accomplissait (éd.Traube, frag. xi, 384-5). Comme il s'agit évidemment du piège où Charles est tombé en Bretagne à Ballon, le 22 novembre 845 (Lot, 154), la vision d' Audradus est rapportée à la date du 22 novembre 844, c'est-àdire le mois qui suit le synode de Yiïtz et qui précède celui de Ver. L'affaire de la réforme agite évidemment les esprits et peut-être, avant même la réunion de Ver, tentait-on d'agir sur le jeune roi.