‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 267 sur 1164 · ASSEMBLÉE D'ÉPERNAY · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE D'ÉPERNAY

Offerte sans doute au roi dès l'issue du concile 3, la collection lui fut présentée, sur son ordre, pour être relue devant ]e plaid général convoqué au mois de Juin 846 à Épernay2. Sitôt qu'ils en eurent pris connaissance, les grands du royaume déclarèrent qu'ils n'acceptaient pas les avis de l'épiscopat. Certains membres de l'aristocratie laïque exercèrent une telle pression sur l'esprit du monarque que lui-même s'emporta contre les exigences formulées par les évêques. Ceux-ci furent écartés de l'assemblée 3. De même que l'épiscopat avait rédigé à part ses doléances, l'aristocratie laïque délibéra séparément en présence du roi. Celui-ci s'employa, semble-t-il, à ménager une transaction entre ses fidèles des deux ordres. De la collection préparée à Paris, les grands firent extraire un certain nombre d'articles qui trouvaient grâce à leurs yeux. La rédaction nouvelle fut remise aux mains des évêques. L'aristocratie laïque leur signifia qu'elle n'acceptait rien de plus, mais d'accord avec le roi, elle consentait à observer les articles ainsi mis à part 4. Bien que l'épiscopat n'eût pas espéré obtenir immédiatement gain de cause sur tous les points, il ne s'attendait pas sans doute a être traité avec si peu d'égards. A Épernay, déclare l'évêque de Troyes, Prudence, les avertissements pourtant indispensables présentés par les évêques au sujet des affaires ecclésiastiques, furent si peu pris en considération, que jamais en des temps chrétiens il

1. : « Capitulis vestrae relegioni ab exiguitatis nostrae ministerio oblatis » (ibid).

2. Titre de la Notitia concernant l'assemblée d'Epernay : « oblata sunt eideni principi, sicut ipse jusserat, collecta ad relegendum » {Cap., n, 261). Cette notice, insérée dans plusieurs manuscrits, l'un du IXe siècle (cf. Halphen, n. 3 de la p. 162), en tête de la liste des canons acceptés à Épernay, a été rédigée quelques années après l'événement. Aux termes de ce document, on a lu à Épernay les canons des synodes tenus, en 846, par des évêques parmi lesquels figurent Ursmar de Tours, Amolon de Lyon et leurs suffragants, dont le préambule du synode de Paris ne signale pas la présence. Les évêques de la province de Lyon n'assistaient certainement pas à l'assemblée parisienne, puisqu'ils sont sujets de Lothaire. Peut-être le rédacteur qui parle ici de plusieurs synodes, fait-il allusion au synode de Yutz, assemblée générale des trois royaumes, qu'il croirait avoir été tenu la même année. Peut-être aussi, écrivant en un temps où la province de Lyon est rattachée au royaume de Charles, s'imagine-t-il que les évêques de cette province ont pris part à la réunion de Paris. Les mêmes manuscrits identifient d'une manière peu sûre (cf. Halphen, n. 3 de la p. 162) les titres, seuls conservés, des articles d'Epernay avec les capitula du concile de Paris. Il semble, par conséquent, que la notice soit postérieure de plusieurs années à l'événement. Toutefois la procédure qu'elle indique concorde très bien avec ce que nous savons par ailleurs et elle est très probablement exacte.

3. : «Et quia factione quorundam motus est'animus ipsius régis contra episcopos, dissidentibus regni primoribus sui ab eorumdem episcoporum ammonitione et remotis ab eodem concilio episcopis » (loc. cit.).

4. :« Ex omnibus illis capitulis haec tantum observanda et conplacenda sibi collegerunt et episcopis scripto tradiderunt, dicentes non amplius de eorum ca^ pitulis acceptasse quam ista et ista se velle cum principe observare » (loc. cit.).

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