ARTICLES ACCEPTÉS PAR LES LAÏQUES
ne fut manqué si gravement au respect dû à des pontifes 1, Tandis que la collection formée à Meaux et à Paris comptait plus de 80 canons 2, les extraits acceptés par l'aristocratie laïque tiennent en 19 articles, dont les titres seuls nous ont été conservés. Encore les grands n'agréent-ils souvent qu'une portion d'un chapitre rédigé par les évêques. Quand ils accueillent à la fois plusieurs dispositions renfermées dans un canon du concile de Meaux, ils en forment des articles différents 3. Une très faible portion des réformes réclamées par l'épiscopat est par conséquent admise ; le roi et l'aristocratie n'acceptent, au sujet du temporel de l'Église, aucune des dispositions qui auraient essentiellement lés*4 leurs intérêts.
Les grands écartent tous les articles relatifs à l'attribution des abbayes ; ils n'admettent donc ni qu'on leur retire celles qui sont déjà en leurs mains, ni qu'à l'avenir le roi soit tenu de s'abstenir d'en céder d'autres à qui bon lui semblera, au mieux des intérêts de sa couronne et de ses fidèles. La simonie sera extirpée et aucun siège épircopal ne pourra être usurpé à la faveur de la maladie du titulaire 4. Mais l'aristocratie laïque n'a pas accueilli le canon qui oblige les rois à pourvoir immédiatement aux vacances. Elle préfère sans doute, en effet, que le roi puisse garder en ses mains l'évêché et en distraire, à cette occasion, des bénéfices en faveur de ses fidèles. On accepte que les laïques ne perçoivent pas les dîmes, mais on rejette le canon qui interdit de leur céder en bénéfice les églises des fiscs 5.
1. Afin. Bertin., 846 : «in quo episcoporum regni sui pernecessaria admonitio de causis ecclesiasticis ita flocci pensa est, ut vix umquam reverentia pontificalis, christianorum dumtaxat tempoiïbus, sic posthabita legatur » (p. 33-34).
2. L'édition Krause renferme 83 chapitres. M. Koniger a établi [Zu den Beschlilssen der Synoden von Meaux, Nettes Archiv., xxxi, 1905, p. 379) que la collection renfermait un article de plus.
3. Cap., 11, 261-262. A la vérité, certains manuscrits renferment pour treize de ces titres, le texte du concile de Meaux-Paris auxquels ils renverraient, mais comme M. Halphen l'a montré(n. 3 de la p. 162), il s'agit d'une concordance dressée au IXe siècle par un copiste des tifuh et qui, en outre, est plusieurs fois fautive (cf. p. 163-164). Les deux premiers titres montrent que l'article 1 du synode de Meaux emprunté au synode de Coulaines, est débité ici en deux articles, l'un concernant Vhonor des églises, l'autre Ykonor des évêques. L'art. 16 d'Épernay correspond à l'art. 78 de Meaux, qui demande au roi que les chapelles royales ne soient pas cédées aux laïques ou que du moins ces laïques n'en usurpent pas les dîmes. Le capitulant agréé à Épernay accorde seulement cette seconde concession, car il a pour titre : « Ut laici décimas de ecclesiis non contingant ». On en peut conclure que le rédacteur de la collection d'Épernay a non seulement fait un choix parmi les capitula de Meaux-Paris, mais qu'il n'a reproduit dans un article qu'une seule des dispositions groupées à Meaux en un seul capUtdum, eu égard à leur analogie. On verra plus loin que l'article d'Épernay relatif aux précaires, ne renfermait sans doute qu'une partie des décisions précédemment arrêtées parles évêques.