‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 283 sur 1164 · CHATIMENTS INFLIGÉS AUX SPOLIATEURS · texte numérisé non relu

CHATIMENTS INFLIGÉS AUX SPOLIATEURS

Seine et Charles n'a pu les empêcher d'entrer à Paris là veille de Pâques. Dieu a permis que ce saint jour fut profané dans la ville par le rite païen 1.

Le roi a fait venir devant lui, en 853, le visionnaire et l'a interrogé devant plusieurs archevêques et devant la reine. Le souverain a promis alors que, dans les deux mois, il remettrait en bon ordre Saint-Martin et les autres églises qui avaient été semblablement profanées. Mais la promesse n'a pas été tenue. En outre, l'église de Chartres est donnée à un indigne, en dépit des avertissements du légat des églises, dont l'oracle a été adressé au roi par l'archevêque de Sens, et présenté par Audradus lui-même au synode des évêques réuni dans cette cité. Alors le Seigneur envoie de nouveau les Normands qui remontent la Loire et brûlent Saint-Martin. Le pacte est dénoncé entre le Seigneur et les rois ; la colère de Dieu s'abat sur toutes les églises et sur le monde entier 2.

Hincmar signale aussi la vindicte divine s'exerçant sur les abbés laïques et sur les rois spoliateurs. En 866, rapportant la mort, à Brissarthe, de Renoul et de Robert le Fort, il y voit le châtiment de ces présomptueux qui, quoique laïques, ont saisi l'un l'abbaye de Saint-Hilaire, l'autre celle de Saint-Martin et ont refusé de venir à résipiscence 3. Écrivant la vie de saint Rémi, il raconte comment le premier roi Carolingien Pépin, qui avait usurpé la villa d'Anizy, propriété de l'église de Reims, fut contraint de restituer ; le thaumaturge lui avait fait sentir le poids de sa colère 4.

Mais combien plus terribles les châtiments qui, par delà la tombe, attendent les souverains usurpateurs des biens des églises. Pour les détourner de tels agissements, Hincmar expose à Louis le Germanique et à Charles le Chauve le sort du premier des princes francs qui sépara des églises et divisa leur temporel, de Charles Martel qui, pour ce seul fait, est perdu éternellement 5.

neg'exit sed inbonestissime a Britannia reversus, non restituit ecclesias in ordine suo. Quamobrem adduxit Nortmannos in Gallias Deus » (loc. cit.).

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