III. — L'intervention de la papauté
Depuis le temps où les papes Zacharie et Grégoire répondaient aux consultations que leur adressait leur missus Boniface, aucun pontife romain n'était intervenu dans le règlement de la délicate question du temporel ecclésiastique. Les papes ont plaidé souvent près de Pépin et Charlemagne la cause du patrimoine de saint Pierre ; ils ne leur présentaient pas, au sujet des églises de Francia, des doléances qu'on ne trouvait pas même alors dans la bouche des prélats personnellement intéressés. Quand, sous Louis le Pieux, l'épiscopat et le clergé franc commencèrent à s'élever contre l'abus fait par la royauté des églises et des biens d'églises, on ne songea pas davantage à recourir au siège apostolique. Il n'en est plus de même à partir de la deuxième moitié du IXe siècle. L'anathème mis sur les lèvres des anciens pontifes par le pseudo-Isidore contre les ravisseurs contemporains et le souci qu'il prête aux évêques dépossédés jadis d'en appeler au siège romain, marquent la direction du courant qui porte le clergé de ce temps vers la seule autorité capable de le défendre contre les envahissements des laïques, rois ou particuliers. Déçus dans les espérances qu'ils avaient fondées sur la royauté, les réformateurs ne font confiance qu'au siège apostolique. Les tendances dont témoignent les fausses décrétales, seront désormais soutenues et propagées par elles. Aux prises avec les séculiers, le clergé lit avec joie, dans le
le Diacre, suivant un procédé qui lui est familier. Il amalgame en effet ailleurs (Quac exsetiui debeat episcopus, Migne, CXXV, 1090) la consultation d'Arnon, dont parle Benoît le Diacre (III. 260, p.118), avec le capitulaircde non dividendis rébus » que renferme la collection d'Anségise (I, 77, Cap., I, 405). Cf. Préface de Boretius, p. 388-9.