‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 296 sur 1164 · ex sibi militantibus · texte numérisé non relu

ex sibi militantibus

4. Cf. P. Fabre, Etude sur le Liber censuum. Déjà au IXP siècle, le comte Gérard a préféré faire don à l'église romaine plutôt qu'au souverain de son monastère de Vézelay (plus haut, p. 191).

ASSEMBLÉE DE MEERSEN 257

condamnant les spoliateurs sacrilèges, l'épiscopat n'abandonne pas la lutte, en dépit du coup porté à ses espérances par le plaid d'Épernay.

vSes doléances n'avaient antérieurement obtenu succès qu'à Yùtz, dans une réunion que présidaient les trois rois et où était représenté l'épiscopat de tous les royaumes. Quelques mois seulement après l'assemblée d'Épernay, en Février 847, les trois souverains se réunissaient de nouveau à Meersen et au programme de l'assemblée était portée la question des biens d'église : « Que les églises du Christ retiennent dans les trois royaumes leur ancienne dignité et leur honneur ; qu'elles recouvrent tout ce qu'elles ont possédé du vivant de l'empereur Louis ». Tel fut le vœu présenté par l'épiscopat. A l'issue des conférences, Louis le Germanique fit connaître à tous les grands, présents à Meersen, l'assentiment donné par les trois rois à ces doléances. Us ont résolu que les recteurs des églises posséderaient, comme au temps de leur père Louis, tous les biens de leur évêché ou de leur abbaye. Aucun des souverains n'entreprendra sur les biens sis dans ses États appartenant à une église d'un autre roi 1. Dans les trois royaumes tous les abus qui ont apparu au sujet des évêchés et des monastères, seront amendés avec l'aide du Seigneur, afin que l'Église de Dieu jouisse de l'honneur qui lui est dû 2. Ainsi, à Epernay, entouré de ses seuls fidèles, Charles n'a pu promettre aux églises restitution des biens enlevés depuis son avènement; il a rejeté, sous la pression des grands laïques, les doléances relatives à l'attribution des abbayes. A Meersen, comme à Yûtz, délibérant avec ses frères, entraîné et soutenu par eux, il s'est engagé avec eux à donner satisfaction aux évêques.

Dans les deux autres royaumes en effet, il ne semble pas qu'un aussi violent antagonisme ait mis aux prises les grands laïques et le clergé. Les plaintes de l'épiscopat sont peut-être moins nécessaires et mieux écoutées 3. Les évêques de Germanie, assemblés en 847 et en 852 à Mayence, ne songent pas à demander que le roi cesse de séculariser les biens des églises 4.

Page 1