Cf. plus haut, p. 255, n
ASSEMBLÉE DE QUIERZY 263
suggestions cauteleuses, en partie à des menaces, car les candidats lui déclaraient que, s'il ne leur abandonnait pas ces lieux sacrés, ils feraient défection et qu'abandonné par eux, il perdrait son royaume au profit de l'un de ses frères1».
L'événement, ajoute Hincmarr a montré que la menace n'était pas vaine. Louis a, en effet, envahi le royaume de son frère, à l'invitation des fidèles de Charles qui a pris la fuite. Les évêques des provinces de Reims et de Rouen, réunis à Quierzy, chargent Hincmar de répondre à Louis qui leur a donné rendez-vous le 25 Novembre 858, à Reims, pour venir traiter avec lui et ses fidèles de la restauration de la sainte Église2. Dévoués à la cause de Charles qu'ils estiment n'être pas désespérée, les évêques s'excusent de ne pouvoir paraître à Reims, mais puisque le roi déclare être venu pour remettre en ordre l'Église et l'État, ils s'empressent de lui signaler les plus urgentes réformes. Hincmar a fait au reste parvenir un autre exemplaire de sa lettre au roi fugitif ; car lui déclare-til l'année suivante, cette exhortation a été faite plutôt pour lui que pour son frère 3. Confiant que Dieu lui rendrait sa couronne, l'archevêque a cru que cette instruction' lui serait profitable à lui aussi.
La consultation touche aux trois points essentiels déjà signalés par les conciles précédents. Le roi est averti d'abord qu'il lui faut renoncer à faire main basse sur les biens ecclésiastiques pour les partager entre ses fidèles. Ce qui peut être seulement admis, c'est que des hommes libres, serviteurs de l'église, reçoivent par la libre disposition du recteur, des biens consacrés à Dieu et que, par cette voie, la milice du royaume soit renforcée et mise en état de défendre l'Église et le peuple chrétien 4. Pour la première fois est exprimée
1. Ep. syn. Carisiac, 8 : « frater vester dominus noster partim juventute, partira fragilitate, partim aliorum callida suggestione, etiam et minarum necessitate, — quia dicebant petitores nisi eis illa loca sacra donaret, ab eo deficerent et ipse aliquando per vos, sicut nunc patet, aliquando per fratrem vestrum regnum destitutus ab eis perderet » {Cap. II, 434).