‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 302 sur 1164 · RAPPEL DES PROGRAMMES DE RÉFORME · texte numérisé non relu

RAPPEL DES PROGRAMMES DE RÉFORME

du pape, l'épiscopat joint les siens propres ; il exhorte le roi à rétablir, le mieux et le plus tôt possible, le bon ordre dans les monastères *.

Les évêques en prennent occasion pour rappeler à la mémoire du rci et le prier de relire les articles auxquels ils faisaient allusion plus haut et qui établissent combien ils sont étrangers aux abus. La liste, dressée par eux, renferme non seulement les capitula publiés et acceptés par le roi à Coulaines, à Yùtz, à Épernay, à Meersen, à Soissons, à Senlis et à Liège, mais ceux que le roi a reçus de la main des évêques à Beauvais et au palais de Ver et qui ne font pas autorité au même degré, puisqu'ils n'ont pas été promulgués en assemblée générale 2. Le roi est prié de faire disparaître tout ce qui, en son royaume, a été fait à l 'encontre de ces capitula et de ne plus les enfreindre à l'avenir. Une dernière fois, l'épiscopat, stimulé sans doute par les remontrances pontificales et pour marquer qu'elles tombent à faux, remet sous les yeux du roi les projets de réforme élaborés dans le passé. Toutefois, l'assemblée des évêques n'ose rien préciser ; elle demande seulement au roi de restaurer les monastères troublés et ruinés, sans réclamer expressément de lui qu'il extirpe la racine du mal, l'abbatiat laïque. Pour le reste, on se contente de se référer à des capitula qui sont restés lettre morte. Encore les évêques se gardent-ils d'en appeler au programme élaboré à Meaux et à Paris ; ils sont résignés à n'en plus connaître que les extraits publiés à Épernay.

Le roi, au témoignage que lui rend Hincmar deux ans plus tard, a cherché à donner satisfaction aux griefs de l'épiscopat et de la papauté. Il a corrigé en partie ce qu'il avait fait mal ; pour le reste, souvent il cherchait en gémissant comment il pourrait y remédier 3. S'il a donné des monastères à des indignes, c'est par jeunesse et fragilité, cédant en partie à des

tientes non fuimus et vos ac fidèles vestros, quos inde admonere convenit, et verbis et scriptis, sicut ipsi scitis et manentia scripta testantur, fréquenter... admonuimus, ut, quod contra salutem et auctoritatem factum erat, emendaretur et, ne deinceps committeretur, omnimodis caveretur, dampnabilitcr ista increpatione non tangimur » {Cap., II, 424). L'incise fiudes vestros quos inde admonere decrevit marque bien, qu'au su de l'épiscopat, le roi n'est pas libre. La lettre du synode de Quierzy explique que les laïques qui demandaient au roi des monastères, menaçaient de le quitter, s'il ne faisait pas droit à leur requête.

I.: « Sed et nunc nostris monitis illius monita conjungentes et illius monitis nostra monita subjungentes hortamur, ut statum monasteriorum in regno vestro consistentium, aliter quam debeat et deceat perversum ac confusum, quanto citius et melius ac possibilius atque rationabilius potueritis, restituere et corrigere studeatis » (loc. cit.).

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