‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 307 sur 1164 · RÉSISTANCE DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DES ÉVÊQUES

règles, on n'adresse plus au roi sur cet objet des remontrances qu'on sait sans doute devoir être vaines.

Dans les premières années du Xe siècle, un concile réuni à Trosley, élève une protestation véhémente contre les abbés laïques. En dépit des capitulaires qui prescrivent de ne pas faire des monastères les habitations des séculiers, à l'heure présente, des abbés laïques demeurent avec leurs femmes, leurs fils et leurs filles, avec leurs soldats et leurs chiens, dans des monastères de moines, de chanoines et de religieuses r. Mais cette plainte n'est plus déjà à l'adresse des rois. A cette date, la plupart des monastères saisis par les grandes familles, ont cessé d'être à la disposition des monarques et le pouvoir royal serait impuissant, dès lors, à réformer l'abus qu'il avait précédemment le plus contribué à introduire et à propager.

Les usurpations commises par les souverains aux dépens des biens d'église, continuent aussi, dans les dernières années du IXe siècle, d'être condamnées par le clergé. Le synode de Savonnières de 859 charge les évêques bretons d'avertir leur souverain, Salomon, qu'il ne doit pas enlever à Dieu les biens des églises ni permettre aux autres de les ravir 2, Un concile d'évêques qui, vers ce temps, délivre un privilège à l'église de Beauvais, stipulait qu'aucune puissance séculière n'entreprendrait rien sur les biens de cet évêché3. Jusqu'alors les évêques avaient gémi et s'étaient plaints, mais aucun n'avait résisté en fait à l'arbitraire royal. Hincmar de Laon, au contraire, entre en conflit avec Charles le Chauve qui a cédé en bénéfice des domaines de son église. L'évêque tient pour non avenu le commandement (verbum) du roi, chasse sans son ordre et par force les personnages que le souverain a fait investir du bien 4, dénonce au pape, en la personne de Charles, un ravisseur sacrilège 5 et lui oppose les anathèmes des fausses décrétâtes contre les spoliateurs. Au début de la querelle de son neveu avec le roi, Hincmar de Reims défendait la cause de son suffragant. Dans un petit livre adressé au roi, il exposait, d'accord avec l'évêque de Laon et avec le pseudo-Isidore, les

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