I. — Part accordée a la milice par le clergé
Vis-à-vis du bénéfice constitué en terres d'église en faveur des milites et des raisons invoquées pour le justifier, le clergé a pris, au cours du IXe siècle, des attitudes assez diverses mais qui ne sont contradictoires qu'en apparence.
Une fin de non recevoir est souvent opposée, nous l'avons vu, à ces nécessités qui, à entendre les rois et les grands, légitiment les sécularisations. Agobard déclarait irrecevable en principe la raison d'État et le cas de force majeure dont les princes spoliateurs s'autorisaient. Wala proclamait la distinction des deux républiques et des deux milices, celle du prince et celle du Christ. Loup de Ferrières, à Ver, veut que les séculiers se contentent des honneurs du siècle et laissent aux hommes d'Église ce qui appartient à celle-ci. Les membres du clergé qui pensaient ainsi, ont été, au début surtout du mouvement d'opposition, les plus nombreux et les plus accrédités ; les intransigeants accusaient même Wala de se prêter par des concessions à une nouvelle divisio des biens d'église 1.
Par ailleurs, sans nier les besoins de l'État, on estimait parmi le clergé, qu'il serait possible d'y suffire par une meilleure économie des ressources de l'État ; elle dispenserait d'avoir recours à la réserve constituée en faveur des serviteurs de Dieu et des pauvres. Tel était le sentiment des évêques lors des assemblées de Meaux et de Paris. Que le roi fasse rentrer en son fisc tous les biens abusivement aliénés et il n'aura plus besoin de dépouiller les églises. A maintes reprises, on prêche au roi une sage administration du domaine, afin que les revenus domaniaux suffisent à ses dépenses. D'autre part, à Yiitz, les évêques, en rejetant la prétention qu'émettent les rois d'user à leur
i. Cf. plus haut, p. 158, 163, 217, et 167.