LE CLERGÉ RECONNAIT LES BESOINS DES ROIS
gré des biens d'église, se déclarent prêts à leur rendre personnellement les services que réclament les besoins du royaume1.
Les esprits réfléchis, si dévoués qu'ils fussent à la cause de la réforme, ne pouvaient fermer les yeux à l'évidence des nécessités invoquées par les rois. Agobard et Wala, après avoir établi soigneusement les exigences des saints canons, tournaient court et se défendaient de vouloir désarmer le prince et l'État. Wala admet en conclusion que la république ne saurait subsister sans le secours des biens d'église, que les grands peuvent retenir et les prélats abandonner, à certaines conditions, une part des propriétés des églises. En 829, les évêques protestent qu'ils ne songent pas à dépouiller les laïques. A Meaux, les requêtes épiscopales ont pour objet d'empêcher à l'avenir des sécularisations nouvelles ; mais on accepte tacitement que le roi continue d'user, pour les besoins de sa milice, des biens dont les églises ont perdu déjà la jouissance.
Quand Wala déclare qu'il est raisonnable que les saints pontifes fassent une part à la milice du royaume, il exprime, en dépit des protestations qui s'élèvent autour de lui, le sentiment de maints hommes d'église. Vers le même temps, Frothaire, évêque de Toul, expose à l'archichapelain Hilduin, combien peu fondé est le titre du détenteur d'un domaine de son évêché; l'occupant est d'une santé si fragile qu'il ne peut remplir les devoirs de la milice ni servir au palais 2. Si ce bénéficier du roi en avait été capable, l'évêque aurait-il cru pouvoir se plaindre du sacrifice qu'on exigeait de son église en faveur de la milice du royaume ?
Le concile tenu à Valence en 855, jette l'anathème sur les ravisseurs des biens d'église : « Si quelqu'un prétend que ces biens lui ont été cédés par nos augustes maîtres, il ne devra pas être mis par là à l'abri de l'anathème, car beaucoup mentent quand ils apportent de semblables excuses. En pareil cas, le recteur portera l'affaire aux oreilles du prince, afin qu'elle soit examinée par lui et alors celui qui a été séparé de l'église sera absous, s'il le mérite3 ». Il semble bien qu'au sentiment