‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 35 sur 1164 · BÉNÉFICES TENUS DU PRINCE · texte numérisé non relu

BÉNÉFICES TENUS DU PRINCE

garde d'attribuer à son père, leur véritable auteur. En effet, avant d'être restituée en 754, la villa de Taverny ravie par des gens malveillants, se trouvait aux mains d'un vassal de Pépin, Teudbert, qui la tenait de lui en bénéfice. Les titres de propriété les plus récents étalés par l'abbé lors de sa réclamation, étaient les précaires délivrés sur l'ordre de Childebert III et de Grimoald 1. C'est après eux, c'est-à-dire sous le principat de Charles Martel, que la propriété fut perdue pour les moines ; aucun précaire ne fut plus dès lors souscrit et en 754 l'occupant ne tenait le bien que de la libéralité du prince. De même Essonnes, soustrait par les méchants et rendu par Pépin en 766, avait été possédé par le comte Rauchon en bénéfice royal 2. Le diplôme qui restitue, en 750 ou 751, tout un lot de domaines ravis par des méchants 3, ne nous apprend pas que les détenteurs sont des bénéficiaires du prince. Mais Charlemagne confirmant, en 775, les dispositions de cet acte, ajoute à l'énumération divers biens restitués en d'autres localités, en particulier le domaine de Cuisinas qu'a tenu un vassal de Pépin et celui de Madriu que le frison Gabbi a eu en bénéfice 4. Les méchants qui, suivant le style de la chancellerie carolingienne, avaient dépouillé Saint-Denis, s'ils se distinguent des bénéficiers de Pépin, les ont eu du moins pour héritiers ; eux-mêmes avaient par conséquent possédé ces domaines au même titre, en bénéfice du prince ; les ravisseurs sont des fidèles de Charles Martel qui tiennent de lui des biens de Saint-Denis sécularisés par son ordre. Sitôt après la mort de Charles, Carloman, si désireux qu'il soit de donner satisfaction aux églises, se déclare obligé de retenir pour le secours de son armée une part des biens spoliés 5. Comme les domaines restitués à Saint-Denis, l'énorme masse de biens ecclésiastiques, que Carloman et Pépin rendent ou promettent de restituer, était tenue en bénéfice par leurs milites. Ce n'étaient pas les nouveaux princes qui les avaient

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