CESSION DU MONASTÈRE ROYAL
à d'autres monastères \ Contre la cession qui en est faite en toute propriété à un laïque, simple particulier, des protestations s élèvent quelquefois2, surtout au cas où le monas-
I, 650), d'Hastières et Saint-Rombant par don de Charles le Simple (908-915, Bormans, Cart. S. Lambert, n, p. 16). D'Arnoul l'église de Verdun obtient Montfaucon (Flodoard, Hist, IV, 41, §§, XIII, 593 ; cf. Fragm., SS, IV, 38), l'église de Trêves Saint-Servais de Maestricht (1 juill. 889, Beyer, 129, I, 136). A l'église de Cambrai, Crespin et Maroilles sont donnés par Charles le Simple (8 sept. 920, Gesta episc. Camer., I, 68, SS, VII, 425), Saint-Géry par Otton I (30 avril 948, DD reg. Germ., 100, I, 183). Alain, roi de Bretagne, donne à Rainon, évêque d'Angers et à ses successeurs l'abbaye de Saint-Serge (Urseau, Cart. S. Maurice, 12, p. 31), à l'église de Nantes l'abbaye de Saint-André (Chron. Namnet., 25, éd. Merlet, 74 et suiv.).
1. Le roi Pépin donne aux moines de Priim la cella d'Alltripp, « jure proprietatis nostrae » et deux autres cellae (13 août 762, DD Karol., 16, p. 23) ; Charlemagne cède à ceux de Fulda Holzkirchen, que le fondateur lui avait remis (nov. 775, 106, p. 151), à ceux de Saint-Denis le monastère de Saint-Dié, comme Pépin l'avait tenu « in sua vestitura » (55, p. 81). Il aurait donné à Saint-Faron de Meaux « exsuo dominicatu » Yabbatia de Notre-Dame de Rez et une autre au faubourg de Vercei] (Conversio Othgerii, Mabillon, A. S., IV, I, 624). A Saint-Martin de Tours il a cédé un monasteriolum fondé dans une île du lac de Garde par l'épouse du roi lombard Didier et un xenodochium près de Pavie (16 juill. 774, DD Karol. ,81, p. 117), à Saint-Riquier la cella de Forestmontier (28 avril 797, 182, p. 246). Louis le Pieux donne à Corvey « cellam juris nostri Meppen » (7 déc. 834, Migne, CIV, 1245), à Inden Renaix (15 mai 834, HF, VI, 594), à Kempten la cella de Stettwang donnée à son père (25 févr. 831, Mon. Boica, XXVIII, 19), à Ferrières Saint-Josse (Lupi ep., 11, 42, 71, VI, 21, 50, 68), à Saint-Lomer, le monastère Buxiacum dans le Maine (Dipl. de Charles le Chauve, 8 mars 843, HF, VIII, 433), à Charroux la cella de Saint-Saturnin en Anjou (ante 869, p. 612), à Aniane la cellula de Gellone construite « in causa genitoris nostri » (Dipl. suspects, cf. Puckert, Aniane und Gellone, 161 et suiv., 23 août 814, 20 mars 822, 21 oct. 837, Migne, CIII, 1423, 1432, 1437), la cellula, « ex re proprietatis nostrae » de Goudargues, donnée par le fondateur à Charlemagne (31 mai 815, col. 1426), la cellula juris nostri, proprietatis nostrae de Saint-Martin d'Arles (4 déc. 819, 12 mars 820, col. 1428, 1430). Charles le Chauve a repris aux moines de Saint-Lomer la cella de Sainte-Maxentia transférée par lui « a jure nostro in dominium eorum », mais leur a cédé en échange la cellula d'Yslari (Dipl. cité du 8 mars 843). Il a donné à Charroux a tria monasteria intégra » (Dipl. syn. de Verberie, 30 avril 869, Mansi, XVI, 551). Aux moines de Saint-Philibert il cède successivement la cella de Saint-Pierre de Bussogilum (Poupardin, Mon. de S. Philibert, Liste des dipl., 10), Saint-Pourçain (12), Tournus et la cella de Saint-Romain (13). Boson y ajoute Talloires (21), Charles le Gros Donzère (22). Ce dernier a conféré aux moines de Saint-Gall l'église de Saint- Victor avec son « religioso... Scotorumconventu » (23 sept. 882, Wartmann, UB S. Gallen, 623, II, 232) et Vabbatlola de Massin en Italie que Liutwardus avait en bénéfice (Ratperti casus s. Galli, SS, II, 73). Le 1 juin 904, Bérenger leur donne « abbaciam lnostram » de Massino (Wartmann, 734, II, 337). Boson donne aux moines de Charieu Vabbatiola de Saint-Martin (2 déc. 879, HF, IX, 670). Arnoul qui avait donné au prêtre artiste Siginand de la potestas de Priim l'abbaye de Sûsteren, en transfère à sa prière la propriété à ce monastère (Dipl. de Zwentibold, 5 juin 895, Beyer, I, 137, p. 202 ; cf. 159, p. 222). Charles le Simple attribue l'abbatia La-Croix-Saint- Ouen à la mense des moines de Saint-Germain-des-Prés (14 mars 918, Poupardin, 41, p. 69). Cluny entre en possession de Saint-Amand en Provence par diplômes de Conrad, 15 sept. 958, et de Lothaire, 23 nov. 959 (Chartes de Cluny, 1052 et 1067, p. 147 et 161), les moines prenant leur sûreté,comme le remarque M. Halphen (Rec. actes Lothaire, 26), vis-à-vis des deux rois.
2. Suivant un diplôme de Conrad du 9 mars 962, on se demanda dans une assemblée de ducs, évoques, comtes, « si monasterium quod per privilégia constructum est, per manuin regiam in proprietatem dari liceret » {HF, IX, 698). On jugea