‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 361 sur 1164 · MONASTÈRE FONDÉ SUR UN FISC · texte numérisé non relu

MONASTÈRE FONDÉ SUR UN FISC

en constituent le patrimoine proviennent du fisc royal l. Prùm, crée par Pépin, aïeul de Louis le Pieux, est dit par cet empereur monasierium nostrum 2 et certainement il était tenu déjà par le premier roi carolingien pour propriété fiscale. C'est Louis-le-Pieux qui a fait construire et qui a doté Saint- Sauveur de Redon, monastère que Charles le Chauve déclare être placé sous la protection de son gouvernement 3. Il en est de même sans doute du monastère de Sorèze qu'il a plu à Pépin I d'Aquitaine d'élever et d'enrichir de domaines qui lui appartenaient 4. Quand une villa royale est transformée en une cella, ce petit monastère garde nécessairement, aux yeux des hommes de ce temps, la condition qu'avait la terre avant d'être la résidence et la nourrice d'une communauté. Ce sont sans doute ces établissements qu'on désigne plus particulièrement sous le terme de monastère du fisc royal, de cella fiscale 5. Ces monastères sont aussi bien et de la même manière propriété du roi que les villae de son fisc, que les églises et chapelles des fiscs royaux.

Le roi prend aussi la qualité de propriétaire quand de son aveu quelque pieux laïque ou moine fonde sur une terre du fisc un établissement religieux. Souvent il est dit d'un nouveau monastère qu'il a été créé dans les limites d'un fisc, dans une villa royale. Le roi cède d'ordinaire au personnage qui conduit l'entreprise, au premier abbé et à ses successeurs le domaine où s'élèveront les constructions monastiques. Il s'est par conséquent, semble-t-il, dessaisi de la propriété du bien. Mais souvent en pareil cas, le fondateur après s'être acquitté de sa tâche, ou bien remet expressément le monastère aux mains du roi, ou bien le prie de prendre l'établissement sous sa protection 6. D'ailleurs il semble bien que l'origine fiscale du domaine où est sis le monastère suffise déjà à lui procurer

i. Dip. cité: « quia praefatasresomn.es ex fiscis nos tris fuisse constat »(p. 7).

2. 7 janvier 831, : « ex monasterio nostro Prumia » (Beyer, U B mittelrh. Territ., 59, I, 66).

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