ÉVÊCHÉS, ABBAYES PORTION DU REGNUM
du divorce de son neveu *. En 879, Saint-Vaast fut ajoutée encore en supplément à une part 2.
Le langage des Annaliste? se fait de plus en plus précis pour marquer qu'évêchés et abbayes constituent des lots à distribuer entre les souverains qui font division du regnum. En 859, Lothaire II cède à Louis II tout ce qu'il possédait au delà du Jura, c'est-à-dire les cités de Genève, Lausanne et Sion, avec les évêchés, les monastères et les comtés 3. Après la mort de Lothaire II, on ne s'ingénia pas à tracer des frontières. Plus simplement, on forma pour Char] es le Chauve et Louis le Germanique deux lots où figuraient d'abord par série les cités épiscopales, c'est-à-dire les évêchés, puis les abbayes et enfin les comtés. Après qu'on eut déterminé la part de Louis, Charles consentit, par amour de la paix, à laisser aussi à son frère l'évêché de Metz avec l'abbaye de Saint-Pierre et Saint- Martin, le comté du pays de la Moselle avec toutes les villae du comté, celles du dominicatum et celles que détiennent les vassali, une portion de l'Ardenne et les abbayes de Priïm et de Stavelot, avec les villae dominicales des moines et celles qu'occupent les vassaux 4. Évêchés, abbayes, comtés et fiscs apparaissent toujours sur le même plan comme matière à partage 5. Le regnum est constitué par ces différentes pièces dont chaque roi use soit pour entretenir son palais, soit pour se faire des fidèles et qui sont toutes également sa propriété.
1. Nicolai ep., 48 : « quodam regni sui (Lothaire II) collato monasterio, pro perdenda praefata Theutberga nutum sibi vestrum univisse » {Ep., VI, 32 )).
2. Louis III et Carloman abandonnent à Louis III de Germanie la part de la Lotharingie détenue par leurs prédécesseurs, « addita insuper Atrabatis sancti Vedasti » (Reginoi, Ann. 879, SS, I, 590).
3. Ann. Berlin., p. 53. On a vu plus haut (p. 71, n. 1) que suivant le même annaliste, Charles le Chauve cède en 867 à l'usurpateur Salomon le comté de Cou tances avec fiscs, villae royales, abbayes, en se réservant seulement l'évêché.
4. Divisio regni Hloth. II, 8 août 870, Cap., II, 193-5. Le texte qui cite les monasteria ou abbatiac et les comitatus, indique seulement le nom des villes, en qualifiant Metz de civitas. Mais toutes les villes énumérées sont des cités épiscopales. S'il s'agissait de la localité comme telle et si Pénumération avait un caractère géographique, elle devrait comprendre les civitates et les pagi ; or il est fait mention seulement des cités épiscopales, des abbatiae et des comitalus, c'est à dire des évêchés, abbayes, comtés, des honores qui seront à la disposition du roi. Dans d'autres textes du IXe siècle, la ville épiscopale signifie exclusivement le siège épiscopal, l'évêché (cf. notre article, Les origines du bénéfice ccclés., dans R. d'hist. Egl. de France, 1914, p. 27,11. 3).
5. Louis le Germanique partage ses États entre ses fils, « ita ut ...adhuc eo vivente tantum denominatas curtes haberent..., episcopia vero oinnia et monasteria, neenon et comitiae, publici etiam fisci ...ad se spectare deberent » (Ercliarnb. Breviar. contin., SS, II, 329). Louis III de Germanie est appelé en Bavière par Carloman qui lui remet son royaume : Louis lui laisse pour son entretien des évêchés, abbayes et comtés : « cui rex episcopatus et abbatias et comitatus ad servitium delegavit » (Ann. Fuld., 879, I, 393).