Conc. Duziacum, Acta, 8-ic, Mansi, XVI
4. Ep. 5 : « litteras... domno Gregorio... dirigit, ejus assensura si fieri posset, in depositione ipsius Ebbonis expostulans... Credimus tamen quia si in abjectionem praedicti Ebbonis .domnus imperator ipsum... fautorem habuisset, continue vacanti ecclesiae illi alium pontificem subrogasset » (Migne, CXXIV, 879). Cette lettre qui présente la justification de Vulfad ordonné par Ebbon, défend par conséquent aussi la légitimité de cet archevêque.
5. 11 semble bien que la plainte d'Hincmar de Reims au sujet d'un prêtre Laormais qui avait été spoliatus, ait été accueillie. Nous savons en tout cas qu'en 868, l'archevêque obtint du roi la levée du séquestre jeté sur l'évêché de Laon et qu'il en avait appelé pour obtenir cette réparation aux textes des Décrétâtes relatifs à Yexceptio spolii.
6. Acta, 4 : « f rater Hincmarus respondit : Spoliatus sum omnibus rébus et facultatibus meis et ideo nihil in hac synodo respondebo » (col. 662). Hincmar refuse de dire qui l'a spolié ; mais un prêtre de l'église de Laon répond au roi : « Vos illum exspoliavistis » (loc. cit.).
7. : « absque audientia episcoporum » {Ann. Berlin., 859, p. 53).
8. Un grand nombre d'évêques, en motivant l'anathème qu'ils portent contre Hincmar de Laon, rappellent qu'il a violé « juramenta domno régi praestita et subs-
INSTABILITÉ DES ÉVÊQUES i 5
Aussi l'évêque partage la fortune du souverain qui lui attribua son évêché. Le prélat installé à Bayeux par Louis a été tenu à Savonnières pour un simple clerc et un usurpateur et renvoyé pour correction devant l'évêque qui l'avait ordonné diacre *, Anscarius, qui avait envahi le siège de Langres du vivant de l'évêque Isaac 2, était sans doute une autre créature du roi germain. Si l'entreprise de Louis avait réussi, les prélats que le concile de Savonnières a condamnés comme des intrus eussent, à n'en pas douter, gardé leur siège. Actard perd ou recouvre le siège de Nantes, suivant les vicissitudes de la lutte entre le roi Carolingien et les usurpateurs bretons. Ils ont proscrit les évêques créés en Bretagne par Charles, sauf vingt ans après à admettre en grâce des prélats qui étaient bretons d'origine et de langue et qui sans doute avaient donné des garanties.
Au temps où le pouvoir royal s'affaiblit, l'anarchie qui dévcre au Xe siècle la société séculière et ecclésiastique rend plus instable encore la condition des évêques. Charles le Simple avait donné l'évêché de Liège à Hilduin ; mais quand ce personnage eut fait défection, il attribua Y episcopium à Richier 3. Le roi se plaint que ses fidèles l'abandonnent et vont demander à ses ennemis les biens et les évêchés de son royaume 4. Ainsi en agit Hilduin qui a brigué Y episcopium de Liège prèsd'Henri, l'ennemi du roi Carolingien 5. Le roi Raoul avait donné Y episcopium de Verdun au prêtre Hugues ; celui-ci fut expulsé par Bernoin, à qui Henri I concède à son tour l'évêché 6. En 931,
criptionem ilii datam de fidelitate et obedientia illi servanda » {Acta, 8, col. 671 et suiv.).
1. 4, Cap., II, 448. On déclare à Savonnières qu'il a occupé Vepiscopalis potestas et qu'il sollicitait beaucoup de gens par ses menaces. Il est par conséquent vraisemblable qu'il n'avait pas reçu le sacre ; le concile estime qu'il n'a pas été agréé par le clergé et le peuple et le tient pour un intrus.
2. Le concile de Savonnières s'occupe d'Anscarius (can. 5), aussitôt après avoir réglé le cas de Tortoldus. Les décrets du concile ne font allusion, ni dans la première affaire ni dans la seconde, à la tentativ • de Louis le Germanique et aux complicités qu'il a rencontrées. C'est la proclamatio présentée par le roi contre Ganelon qui montre l'existence d'un lien entre l'usurpation du siège de Bayeux et l'expédition de Louis le Germanique. Il est par conséquent vraisemblable que l'intrusion d'Anscarius à Langres est un autre épisode de cette campagne ; si le roi n'en parle pas, c'est que Ganelon y est resté étranger. Anscarius est sans doute l'un de ces invitatores que Louis a récompensé par une distribution de comtés, monastères, etc. (Afin. Bertin., 858, p. 51). Léon IV représente Gislard usurpant le siège de Nantes du vivant de l'évêque de cette ville (Ep. sel., 20, V, 598). Or Gislard tenait son siège de Noménoé.
3. Flodoard, Ami., 920 : « illud episcopium Richario, quiaHilduinus a se descivit cui prius ipsum concesserat, dédit » (éd. Lauer, 4).
4. Lettre du roi aux évêques : « res et episcopia nostri regni ab ipsis dari sibi concupierunt » {H F, IX, 297).