VACANCE DES SIÈGES ÉPISCOPAUX
Chrodegang, mort en 766, n'eut pas de successeur avant deux ans et demi ; plus tard, Angélelmus, mort en 791, ne fut remplacé qu'après 27 ans 1. L'église de Reims fut environ neuf ans sans évêque, après la mort de Tilpin 2 ; le siège de Verdun resta vacant 12 ans après la mort de Madelvéus 3. L'église de Bâle, avant d'avoir, sous le pape Léon III, Heiton pour évêque, demeura longtemps sans pasteur 4.
Louis le Pieux paraît avoir eu souci de ne pas laisser se prolonger aussi longtemps la vacance des sièges épiscopaux. Pourtant, après la déposition d'Ebbon en 835, il ne fut pas pourvu à son remplacement ; le siège de Reims resta inoccupé pendant dix ans 5. De 841 à 850, il en fut de même du siège de Cologne 6. Au concile de Meaux-Paris, les évêques sont visiblement soucieux de mettre un terme aux vacances prolongées et aux abus qu'elles entraînent. Ils veulent que, sans retard, chaque siège reçoive un évêque désigné par le roi 7. En 881, Hincmar rappelle à Louis le Bègue les exigences du concile de Chalcédoine 8. Des conflits électoraux ou, comme à Reims et à Cologne 9, des intrigues politiques expliquent parfois la longue vacance du siège. Mais, si elle se prolonge si fréquemment, c'est sans doute aussi parce que le roi, qui seul y peut mettre fin et qui en est instamment prié, est intéressé
1. Gesta episc. Metens , SS., X, 541 ; Catal. episc. Metens., XIII, 306 ; cf. Ch. Pfister, L'archevêque de Metz, Drogon, dans Mélanges P. Fabre, 128.