‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 475 sur 1164 · PERCEPTION DES REVENUS · texte numérisé non relu

PERCEPTION DES REVENUS

ordinaire restait sans doute le plus souvent en fonctions ; vraisemblablement les prêtres, les dignitaires de l'église, à défaut peut-être d'un économe en titre, avaient en main l'administration des biens 1. Mais ils dépendent du palais, attendu que l'évêché est dans le dominicatum royal 2. Les soins purement profanes, l'intendance des villae, l'économie de la domus épiscopale, les services dus au roi, la réception des hôtes, l'exercice de la juridiction civile seront confiés à des laïques fidèles 3.

Les revenus de l'évêché vacant étaient-ils perçus par le palais ? Aucun document ne le dit expressément. Suivant Hincmar, tout doit être intégralement réservé après la mort d'un évêque à son futur successeur. L'archevêque entend sans doute les fruits et revenus aussi bien que le fonds. Le roi, écrit-il, a pouvoir sur l'église vacante, non pour en dépenser les ressources, en envahir ou en piller les biens, mais pour la défendre 4. Aliéner les biens-fonds et dépecer le temporel, c'est tout autre chose que percevoir régulièrement les revenus. Mais Hincmar s'en prend à la fois à ces deux manières si différentes d'exploiter l'évêché tombé en régale. Il refuse au roi la libre disposition du revenu comme du capital. Au sentiment de l'archevêque, les règles exigent que les fruits accumulés soient remis sans aucune soustraction au nouvel évêque. Pourtant, le soin qu'il prend d'opposer la discipline canonique à ces abus marque qu'il les voit en vigueur. Lorsque l'évêché est mis sous séquestre du vivant d'un prélat, on doit apporter au palais les redevances qu'il lui est interdit de percevoir 5 ;

i. Une lettre écrite en 832-3 par Einhart à deux prêtres de l'église de Wurzbourg dont l'évêque est décédé, les prie de laisser à l'un des siens un bénéfice octroyé par le défunt (illud beneficium habere permittatis), jusqu'au jour où l'affaire sera réglée entre Einhart et le nouvel évêque (24, Ep., V, 122). Cette requête montre que ces deux prêtres auraient pu révoquer un précaire consenti par le précédent évêque et qu'ils avaient par conséquent le soin de gérer le temporel. Le prêtre Winifrid qui, pendant la vacance du siège de Laon (871-876), pour obéir à un ordre de la reine, a chassé l'abbesse d'Origny (cf. a. 3 de la p. 106.) était sans doute chargé d'administrer l'église vacante. Il s'agit peut-être d'économes, mais les textes ne leur donnent pas cette qualité.

2. Le prêtre Winifrid qui administre l'église de Laon (cf. n. précéd.) est sous la dépendance du palais et en reçoit des instructions, auxquelles il obéit sans égard pour la discipline ecclésiastique.

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