‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 477 sur 1164 · LE ROI DISPOSE DU TEMPOREL · texte numérisé non relu

LE ROI DISPOSE DU TEMPOREL

c'était évidemment aussi la pratique usitée quand la vacance du siège faisait passer l'évêché dans 1' 'indomini catum royal.

Parfois, le roi en profite pour régler à son gré la distribution du temporel de l'évêché entre les diverses personnes ecclésiastiques. En 876, après la mort d'Advence, évêque de Metz, les religieux et religieuses des monastères épiscopaux de Saint- Martin de Glandières, de Sainte-Glossinde, de Saint-Arnoul et de Gorze se plaignirent, près de Louis le Germanique, de manquer du nécessaire et le prièrent de leur rendre, pour les services de leur alimentation et de leur vestiaire, certains biens détenus par l'évêque. Le roi déclare que, comme il tient l'église de Metz entre ses mains, il restitue à ces communautés des biens dont jadis elles avaient eu la jouissance et qui, incorporés au domaine épiscopal, sont présentement à la disposition du roi l.

A la faveur de la vacance, le pouvoir royal dispose aussi des charges et bénéfices ecclésiastiques qui dépendent de l'évêché. Après la déposition d'Hincmar de Laon, le siège restant vacant, la reine Richilde a donné ordre au prêtre Winifrid, sans doute l'un de ceux qui administraient l'évêché, d'expulser d'Origny l'abbesse légitime. La reine aggrava sa faute en faisant donner l'abbaye à une novice qui lui avait offert, pour l'obtenir, des terres et des serfs. Le nouvel évêque, bien qu'assisté par Hincmar, n'a pu obtenir réparation 2. Le palais dispose, non seulement des abbayes, mais aussi des églises d'un évêché vacant. L'évêché de Laon possédait dans le diocèse de Reims l'église d'Anthenay. Elle a passé de Y indominicatum du roi aux mains d'Hincmar de Reims. Le roi lui attribue le gouvernement (ordinatio) de cette église, de même qu'il cède des chapelles royales à des bénéficiers de son choix. L'archevêque a confié à un prêtre cette église et en percevait d'accord avec lui les dîmes 3. L'effet d'un tel acte d'administration subsistait encore, alors que la vacance avait pris fin. Hincmar de Laon eût souhaité disposer de l'église d'Anthenay ; ses ministres ne

rois, travaux et autres obligations qui leur incombent (Hincmar, Quaterniones, Migne, CXXV, 1037).

1. Les moines l'ont prié « ex rébus ejusdem ecclesiae (ou abbatiae) aliquid re,titueremus » (Dipl. cités plus haut, p. 106, n. 1). Les dipl. pour Saint-Arnou] et Sainte-Glossinde ajoutent qu'il s'agit de biens «olim subi atis «.Avant ia mainmise des évêques sur les abbayes, la communauté avait jouissance de ces biens, comme du reste du temporel monastique. Elle obtient que ces biens qui sont présentement dans V indominicatum épiscopal, en soient distraits et ajoutés à la mense conventuelle. La longue liste des domaines soi-disant rendus à Sainte-Glossinde est une interpolation (Cf. B M 1516) ; mais cette abbaye a obtenu sans doute restitution de quelque bien, comme les autres abbayes messines.

Page 1