ATTEINTE PORTÉE AUX PRIVILÈGES
irrégulière *. En 955, Agapit II décide qu'aucun séculier ne possédera plus à l'avenir Yabbatia d'Homblières 2.
Il s'en faut d'ailleurs que ces privilèges soient toujours respectés. Au reste, parfois le texte même du précepte royal réserve expressément l'honneur qui est dû au roi et le droit imprescriptible qui lui appartient de faire admettre l'abbé de son choix 3. Louis le Pieux le 31 mai 825, Charles le Chauve le 24 mai 850 avaient reconnu aux moines de Saint-Calais la liberté d'élire parmi eux leur abbé 4. Néanmoins, soit dans les dernières années de Louis le Pieux, soit au début du règne de Charles, l'évêque du Mans, Aldric, tint quelque temps l'abbaye en bénéfice par effet de la munificence royale 5. Un peu plus tard, l'abbé régulier Reinold ayant résigné sa charge, des commissaires se rendirent sur l'ordre de Charles au monastère pour y diriger l'élection. Alors qu'elle était faite, l'un des envoyés, Robert, évêque du Mans, pria le roi de lui céder l'abbaye. Charles, oublieux du privilège des moines, la lui accorda en bénéfice 6. En 859, les évêques présents au concile de Savonnières se prosternent devant le roi et l'archevêque de Bourges, Rodolphe, en les suppliant de respecter le privilège délivré aux moines de Saint-Benoît, dont l'archevêque retenait néanmoins Yabbatia 7.
Quand atteinte a été portée au privilège de libre élection, celui-là même qui a bénéficié de la faveur du monarque profite de son crédit près de lui et cherche peut-être à se faire plus facilement accepter par la communauté, en obtenant confirmation des libertés électorales violées à son profit. Loup