CUMUL, PARTAGE D'ABBAYES BÉNÉFICES
XIe siècle la liste des anciens monastères du diocèse, si florissants jadis, répète au sujet de chacun d'eux qu'ayant été donné en bénéfice à des militares viri, l'établissement s'est trouvé réduit à l'indigence 1.
Une abbaye arrondit souvent le bénéfice d'un comte, s'ajoute au comitatus dont il a la jouissance et qui ne suffirait peut-être pas à l'entretenir 2. De même, à un évêque dont Y episcopatus est pauvre, insuffisamment doté en terres et en revenus ordinaires, le roi accorde une abbaye en supplément. C'est à tel titre, que Louis le Pieux donne en bénéfice la cella de Turholt à l'évêque Anschaire qu'il établit à Hambourg, afin que le prélat trouve en son abbaye les subsistances que ne lui fournit pas son évêché 3. Une abbaye est souvent l'appoint d'un ensemble d'honneurs, ou bien c'est le plus beau morceau du lot, le seul que les Annalistes signalent. Il est dit d'Acfride qu'il tient Saint-Hilaire de Poitiers avec plusieurs beaux bénéfices 4, d'Hubert qu'il jouit de l'abbaye de Saint- Maurice ainsi que d'autres honneurs 5. Charles le Chauve cède en bénéfice à Salomon un territoire et en outre l'abbaye de Saint-Aubin 6.
Souvent un abbé séculier ou laïque tient en bénéfice plusieurs abbayes à la fois. Une abbaye unique peut aussi constituer le bénéfice de quelques-uns. Il semble que parfois plusieurs occupants en jouissent sous le régime de l'indivision. En 902, Louis l'Aveugle accorde à la prière du marquis Guillaume l'abbaye de Saint-Martin d'Ambierle à ses fidèles Bernard et Teutbert 7. L'abbaye bénéfice est aussi quelquefois partagée. En 876, l'annaliste de Saint-Bertin note que Charles le Chauve cède les petites abbayes en bénéfice et partage les
Hillin, qui chasse les moines et établit des chanoines ; pendant tout le X' siècle, l'abbaye a des abbés comtes (p. 164).
1. Il en est ainsi des monastères d'Honnecourt (Gesta episc. Camerac, II, 10, SS, VIII, 458), de Saint-Éloi (18, p. 460), de Lucheux et de Pas (19, p. 46o),deHamage (27, p. 461), de Crcspin (41, p. 464).