Cf. Favre, 69 et
6. Charte de Robert, 30 mai 914 : « Robertus... beati Martini abbas necnon et filins noster Hugo, cui post nos cum seniore nostro rege Karolo omnes honores nostros impetratas habemus » (Mabille, Introd. aux Chron. comtes d'Anjou, P. just., 5, p. XCVIII).
7. Robert apparaît abbé de Saint-Aignan dans les diplômes d'Eudes (s. d., H F, IX, 462), de Charles le Simple (19 juin 914, p. 519) et dans la charte d'Ebbon (Vidier, Notice sur des actes d' affranchissement, Append. 2, dans Le Moyen âge, 1907, p. 317). Son frère, le roi Eudes, lui a cédé Saint-Martin (cf. Favre, 96). Le 13 nov. 912, il décide que ni lui ni ses héritiers n'abandonneront leur dominium sur Marmoutier (Mabille, Les incurs. norm., App. 12, dans Bibl. Ec. chartes, XXX, 453). Il est abbé de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Denis (cf. Mabillon, Ann. Bened , XLI, 18, t. III, 296). Toutes ces abbayes se retrouvent dans le lot considérable que tient 1 lugues le Grand (cf. Lauer, Le règne de Louis IV, 6).
8. Folqui :, II, 68:«regem adiit deprecaturus... abbatiam... sibi concedi ;... indicavit... se regia donatione abbatiam adquirere posse » (p. 134).
9. 68, 73 et 75 : « et ita ecclesia ista, pastore viduata a laicis maritatis per modum hereditatis est possessa » (p. 141) ; 78 : « quia paterna successione abbatiam(Arnulf 1 ) susceperat» (p. 147). De même Saint-Quentin et Saint-Médard de Soissons sont héréditaires au Xe siècle dans la famille d'Herbert de Vermandois ; il semble que celui-ci doive d'ailleurs sa possession à une simple usurpation et non au bénéfice royal.
1 1. Voir pour le X9 siècle les exemples cités par M. Voigt, p. 219 et suiv.
l'abbaye devient propriété patrimoniale 143
patrimoniale qu'on se partagea ; toutes les ressources en furent ainsi dévorées 1. Waldrade, gratifiée par Lothaire II du monastère de Lure et craignant après la mort du roi d'en être dépouillée, l'a confié à son parent, le comte d'Alsace, Ébérard, qui cherche à le faire passer au patrimoine de sa maison. Après lui, son fils, le comte Hugues, saisit l'abbaye à titre héréditaire 2. Adélaïde qui, en 888, a reçu de son frère, leroiRodolfe, en usufruit l'abbaye de Romainmotier avec faculté de la laisser à sa mort à un héritier 3, tient que le monastère lui appartient ; le 24 juillet 929, elle cède aux moines de Cluny sa propriété (res juris mei) ; à son dominium elle substitue celui des Cluniciens ; le monastère avec son abbatia leur sera soumis 4. Une abbaye cesse ainsi d'être un bénéfice tenu du roi. Le titre bénéficiaire engendre, en devenant héréditaire, un droit de propriété qui émancipera les seigneurs abbés vis-à-vis des rois. Les abbayes entrent par là au patrimoine, passent sous la suzeraineté des grandes familles. C'est partiellement du moins par un tel processus, que les monastères royaux sont devenus propriété d'une maison seigneuriale, qui se substitue au roi dans l'exercice des droits régaliens.