‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 541 sur 1164 · FAVEUR ET DISGRACE DES ABBÉS · texte numérisé non relu

FAVEUR ET DISGRACE DES ABBÉS

sa politique. L'abbé de Saint-Bertin, Alard est accusé en 859 auprès du roi qui lui retire cette abbaye pour la donner à Hugues. En 861, il la rend à Alard qui meurt en 864. Humfrid qui, par simple amour de Dieu, prend la direction du monastère, ne garde l'abbaye que deux ans. En 866, Charles le Chauve la lui reprend pour la donner à Hilduin 1. En 7 ans, Sithiu a changé cinq fois d'abbé. Il en est de même de la riche église de Saint-Martin de Tours. En 860, le roi la donne à son fils Louis, la lui enlève en 862 pour la concéder au clerc marié Hubert. A sa mort en 864, le roi la remet aux mains d'Enjougouin. Deux ans plus tard, il la lui retire pour la céder à Robert le Fort. La mort de l'ancêtre des Capétiens, survenue au cours de cette même année 866, permet au roi d'en di?poser à nouveau en faveur d'Hugues l'abbé 2.

Aussi longtemps qu'ils en eurent la force, les rois privèrent de leurs abbayes ceux qui avaient démérité. En 896, Zwentibold retire Oeren et Saint-Pierre de Metz à quatre comtes lorrains 2. Saint-Servais est restitué à l'église de Trêves à deux reprises par Zwentibold et Charles le Simple, qui en dépouillent Régnier, puis son fils Giselbert 4. Le roi Raoul enlève, en 932, à Herbert de Vermandois l'abbaye de Saint- Médard de Soissons 6. A la vérité, au Xe siècle, les rois de la France occidentale quand ils ont la force en mains, dépouillent les rebelles de monastères dont ceux-ci s'étaient souvent nantis par la violence, sans que le don du roi fût pour rien dans leur abbatia.

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