‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 544 sur 1164 · ABBAYES BÉNÉFICES DES ARCHICHAPELAINS · texte numérisé non relu

ABBAYES BÉNÉFICES DES ARCHICHAPELAINS

permis, semble-t-il, d'acquérir aussi en bénéfice, s'il l'avait voulu, l'abbaye de Saint-Amand 1.

L'archichapelain est nécessairement parmi les clercs du palais le mieux pourvu en abbayes de choix. Il n'est pa? sûr que l'abbé Hilduin ait fait profession monastique 2 ; il était peut-être simple clerc séculier 3 ; c'est en tout cas à son séjour au palais, à la charge qu'il exerce d'archichapelain de Louis le Pieux, qu'il faut rapporter le cumul en ses mains des abbayes de Saint-Denis, Saint-Germain des Prés, Saint-Médard de Soissons, qu'il tenait évidemment en bénéfice. L'archichapelain de Louis le Germanique, Grimaldus jouit de trois abbayes, entr'autres de Saint-Gall 4. Les clercs qui président à la chancellerie du palais, sous Louis le Pieux, Hélisachar, Fridégise, Théoton, Hugues, frère de l'empereur, prêtre, moine et abbé5, obtiennent aussi maintes abbayes.

Les monastères dont la communauté est composée de clercs séculiers sont nécessairement attribués à un clerc du même ordre ; mais souvent l'abbaye d'un monastère régulier, de Saint-Bertin par exemple, est remise aussi aux mains d'un canonicus 6, clerc séculier, apparenté d'ordinaire à une grande

i. Il écrit aux religieux de Saint-Amand : « Curam vestri uec nie cupide appetisse nec insolenter excepisse vidistis » (Ep. 18, p. 25). La lettre où il rend compte de son entrée en fonctions à Ferrières et de l'expulsion de son prédécesseur (Ep. 21, p. 29), suffit à montrer combien il est assidu au palais.

2. On lit dans un obituaire de Saint-Denis à la date du 22 nov. : « obiit Hilduinus monachus beati Dionisii » et dans un obituaire du monastère d'Argenteuil : « Hilduinus beati Dionysii monachus et abbas » (cf. Gall. christ., VII, 352 et F. Lot, De quelques Hilduin, dans Le Moyen-âge, 1903, p. 269, n. 1). Mais ces obituaires datent du XIIIe siècle et semblent avoir pour source le nécrologe de Saint-Germain-des- Prés, sous la forme qu'il a pris au Xe siècle (F. Lot,loc. cit.). Or le religieux de Saint- Germain a écrit simplement à cette date : « Depositio domni Hilduini abbatis » (éd. Longnon, dans Notices et Documents, Soc. del'hist.deFr., 1884, p. 52). Le rédacteur des obituaires dionysiens ajoute l'épithète de « monachus beati Dionysii », n'admettant pas sans doute qu'un abbé de Saint-Denis ait pu ne pas faire profession. Au temps où Hilduin devint abbé de Saint-Denis, la règle monastique n'était pas observée au monastère ; comment l'abbé d'une communauté de chanoines eut-iJ été un moine ? Il est douteux qu'à l'heure où elle y fut rétablie et où Hincmar y fit profession, Hilduin promu à la haute dignité d'archichapelain, ait embrassé la règle de saint Benoît.

3. Suivant la conjecture plausible de M. F. Lot, (op. cit., 270), Hilduin passé en 840 au parti de I.othaire a été désigné par lui pour être archevêque de Cologne. La qualité qu'il prend de vocatus archiepiscopus, implique qu'il est dans la cléricature.

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