‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en FranceChapitre 566 sur 1164 · ABBAYES DES PARENTS DES ROIS · texte numérisé non relu

ABBAYES DES PARENTS DES ROIS

ordinaires sur lesquelles comptent les rois Carolingiens pour entretenir leur parenté.

Un grand nombre de monastères sont affectés aux besoins des collatéraux de la famille souveraine et de leur descendance. Ces parents du roi ne sont-ils pas avant tous les autres ses fidèles? Le souverain qui compte sur leur spécial dévouement, doit le récompenser chez ses proches par une plus large distribution d'abbayes. Sous Louis le Pieux, Fulrad, petit-fils de Charles Martel, est abbé de Lobbes et de Saint-Quentin 1. Les deux frères Adalhard et Wala, successivement abbés de Corbie, descendent comme lui de Charles Martel 2. A son demifrère Hugues, Louis le Pieux a donné des monastères, entr'autres Saint-Bertin et Saint-Quentin 3. Le monastère de Saint- Riquier eût presque toujours, au IXe siècle, pour abbés des membres ou des alliés de la maison Carolingienne. Avant de faire profession monastique, Angilbert,qui gouverne le monastère de 790 à 814, avait épousé Berthe et était devenu gendre de Charlemagne 4. Les trois abbés laïques qui se succèdent au début du règne de Charles le Chauve, Ricbodon, Nithard. Louis, sont tous les trois petits- fils du grand empereur 5. L'abbé Rodolfe est frère de Judith, oncle par conséquent du roi et a pour successeur son fils Guelfon 6. Le monastère eut même un moment pour abbé un fils du roi, Carloman 7. Une parenté avec la famille royale est évidemment un titre qui

1. Folquin, Gesta abb. Lob., 9, 55, IV, 59 ; Vita Folquini, 3, XV, 427 ; Translat. s. Quintini, p. 270. Sur son père, Jérôme, qui fut peut-être avant lui abbé de Saint- Quentin, voir fasc. 1, p. 125, n. 4.

2. Adalhard est fils de Bernard, frère du roi Pépin (Vita Adalh., 61, SS, II, 53°)-

3. Thégan, Vita Hludow.,2\:« Hugoni (dédit) coenobia, monasteria » (II, 596)- Le prêtre et abbé Hugues (cf. plus haut, p. 152, n. 5) obtint Saint-Bertin en 834 (Folquin, Chartul.Sith.,l\, i,éd.Guérard, 82 ; cf. Simson, Ludwigder Fr., II, 239). La translation de saint Quentin eut lieu la 2e année de l'abbé Hugues, la 22e (835) de Louis le Pieux (Transi, s. Quintini, SS, XV, 270) ; Hugues reçut donc ces deux abbayes après la crise de 833, eh raison de sa fidélité à l'empereur qui, en 838, va célébrer au monastère la fête du saint (Ann. Bertin., 16). Hugues s'est rallié dès 841 à la cause de son neveu, Charles le Chauve (Nithard, III, 2, 3, 55, II, 663), répondant ainsi aux vues de Louis le Pieux. Il est peu probable, en dépit de l'allégation des Ann. Lob. (825, SS, XIII, 232), qu'Hugues ait joui de l'abbaye de Lobbes (cf. Warichez, Uabb.de Lobbes, 35).

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